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Charte: Jean-François Lisée appelle au respect et parle de bonifier la charte

17/09/2013 12:06 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, affirme qu'il y a un espace pour améliorer la charte des valeurs québécoises, mais il invite la population à débattre de son contenu dans le respect.

Le ministre Lisée a livré mardi ses premiers commentaires sur la charte, lui qui était en tournée internationale lorsque le projet a été présenté par son collègue Bernard Drainville.

«Est-ce qu'il est possible de bonifier le projet? Bien sûr. Ça n'existe pas un projet qu'on soumet à la discussion publique et qui n'est pas amélioré par la discussion publique», a déclaré le ministre en conférence de presse à Montréal.

Bien qu'il reconnaisse que des dérapages ont eu lieu au cours des derniers jours, le ministre refuse catégoriquement de lier le tout au projet de charte déposé par son gouvernement, rappelant que des incidents disgracieux ont aussi lieu ailleurs au pays.

«Au Canada, tous les jours, il y a un crime qui est commis pour des raisons religieuses. En Ontario, 163 par année. Aucun n'est lié à la charte des valeurs, a fait valoir M. Lisée. Alors moi, de faire un lien entre ce racisme ordinaire dégueulasse et le fait qu'une société est en train de faire un débat important, je ne franchis pas ce pas.»

Et pourtant, cela ne l'a pas empêché de lancer un appel à la modération.

«Cette discussion doit avoir lieu dans le respect de tous nos concitoyens et j'ajoute en particulier de nos concitoyens qui portent des signes religieux, a-t-il dit. J'appelle tous les Québécois en particulier à être sensibles au fait que ces concitoyens-là sont au centre du débat.»

Il en a profité pour reprocher à certains acteurs politiques et sociaux de s'opposer à la tenue même du débat, alors qu'il l'estime nécessaire puisque le gouvernement précédent n'a pas eu le courage, selon lui, de le faire malgré l'existence d'une situation assez problématique pour entraîner la création de la Commission Bouchard-Taylor.

M. Lisée a tracé un parallèle entre les discussions actuelles et celles, tout aussi animées, sur la Loi 101 en 1977. Il a également inscrit la démarche gouvernementale dans l'histoire récente du Québec, rappelant que toutes les institutions publiques avaient été déconfessionnalisées dans les années 1960, les commissions scolaires dans les années 1990 et la pastorale ainsi que les cours de religion abolis dans les années 2000.

Quant à la neutralité de l'État, que son gouvernement dit vouloir soutenir avec la charte, M. Lisée rappelle que les employés de l'État n'ont pas le droit d'afficher une allégeance politique ou envers une cause sociale, d'où la décision de l'appliquer également à la religion.

«Les seules convictions que l'on peut afficher aujourd'hui (dans la fonction publique) sont les convictions religieuses», a-t-il souligné.

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