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Changements climatiques: l'ONU critique sévèrement la classe politique

17/09/2013 09:18 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

LONDRES - Les leaders de la communauté internationale sont en train de perdre leur lutte contre le réchauffement planétaire, a déclaré mardi l'un des principaux responsables onusiens du dossier climatique, en faisant appel directement aux électeurs du monde pour faire pression sur leurs politiciens afin que ceux-ci prennent des décisions plus musclées contre l'accumulation des gaz à effet de serre.

Halldor Thorgeirsson a déclaré à des journalistes rassemblés à l'Imperial College de Londres que les leaders du monde ne travaillaient pas suffisamment fort pour empêcher des changements climatiques potentiellement catastrophiques.

«Nous échouons en tant que communauté internationale, a-t-il dit. Nous ne sommes pas sur la bonne voie.»

M. Thorgeirsson, un haut directeur de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, s'exprimait alors qu'il ne restait plus que deux ans avant que les pays du monde ne se réunissent à Paris pour une nouvelle ronde de négociations sur l'avenir du climat mondial.

Des chercheurs mettent d'ailleurs en garde contre un réchauffement marqué si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone.

L'une des principales pierres d'achoppement est la façon de diviser le fardeau des réductions d'émissions entre les pays industrialisés et les nations émergentes comme l'Inde et la Chine, le plus important pollueur du globe. L'absence de progrès au cours des dernières années a alimenté le doute quant à savoir s'il est effectivement possible de parvenir à une entente.

M. Thorgeirsson semblait avoir adopté un ton pessimiste, mardi, réduisant les attentes voulant que la conférence de Paris — ou n'importe quelle autre — produirait une grande entente qui entraînerait les réductions nécessaire pour éviter un réchauffement dangereux de l'atmosphère terrestre. Il a même semblé suggérer qu'une solution mondiale au problème ne risquait pas d'être trouvée avant que les effets des changements climatiques ne se fassent sentir sous la forme d'une canicule brûlante, ou d'inondations dévastatrices.

«Je ne crois pas qu'un traité international ne puisse jamais être le moteur principal pour que des décisions difficiles soient prises, a-t-il prévenu. C'est le problème lui-même qui est le moteur principal — et les conséquences de ce problème.»

Interrogé à propos de l'incapacité répétée de la communauté internationale à s'entendre sur les gaz à effet de serre, il a affirmé que les politiciens impliqués dans les négociations doivent être tenus responsables.

«Voilà une question qui doit être posée dans l'isoloir. Cette question doit être posée aux leaders à tous les niveaux.»

M. Thorgeirsson se trouvait à Londres pour le lancement d'une étude conjointe du Grantham Institute for Climate Change de l'Imperial College et de son Energy Futures Laboratory sur l'estimation des coûts de réduction de moitié des émissions mondiales de dioxyde de carbone d'ici 2050.

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