POLITIQUE

Valeurs québécoises : mise en garde de la Commission des droits de la personne

16/09/2013 05:03 EDT | Actualisé 16/11/2013 05:12 EST
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La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse lance un appel au respect des principes contenus dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

Intervenant dans le cadre du débat sur le projet de Charte des valeurs québécoises, le président de la Commission, Jacques Frémont, rappelle que « tous les individus sont tenus dans leurs rapports sociaux de respecter les droits d'autrui ».

Faisant référence à l'attaque verbale subie par une femme portant le hijab dans un centre commercial de Québec, M. Frémont rappelle qu'il y a des conséquences juridiques lorsque les droits à l'égalité des individus sont lésés.

« Les tribunaux peuvent imposer non seulement des dommages moraux, mais aussi des dommages punitifs », ajoute le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Jacques Frémont rappelle également l'article 10 de la Charte qui stipule que toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée notamment sur la race, la couleur de peau, la religion, les convictions politiques, l'origine ethnique ou nationale.

La Commission peut donc recevoir des plaintes, faire enquête et s'adresser aux tribunaux dans de tels cas.

Le projet de Charte des valeurs québécoises a été présenté le 10 septembre par le gouvernement Marois. La Commission des droits de la personne en étudie actuellement les propositions.

Les symboles religieux ne dérangent pas, disent les dirigeants de McGill

Les responsables du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), de l'Hôpital général juif, du Centre hospitalier de St. Mary, de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas et de la Faculté de médecine de McGill se disent convaincus du bien-fondé « de fournir à tous les médecins, professionnels de la santé, chercheurs, membres du personnel de soutien, étudiants, résidents, bénévoles et patients un environnement libre et accueillant où ils sont libres de porter des symboles religieux visibles ».

L'exercice de ce choix « ne gêne en rien la capacité de quiconque à s'acquitter de ses activités professionnelles au sein de nos communautés universitaires et hospitalières », estiment-ils.

Dans un communiqué rendu public lundi, ils rappellent que « depuis des décennies, les hôpitaux d'enseignement affiliés à la Faculté de médecine de McGill mettent leur expertise avec beaucoup de fierté au service des patients de partout au Québec, quels que soient leurs antécédents culturels, sociaux, linguistiques, religieux ou autres ».

Ils se disent « résolus à créer un environnement représentatif d'un éventail de perspectives culturelles, religieuses et autres, afin de valoriser l'excellence en matière d'éducation, de recherche et de soins de santé dans l'intérêt de la société québécoise ».

Les Québécois divisés

Un sondage Léger Marketing effectué pour le Journal de Montréal et publié lundi indique qu'il y a presque autant de gens opposés que favorables à la Charte des valeurs québécoises. Ainsi, 43 % des répondants sont pour et 42 % sont contre, révèle ce coup de sonde.

Les répondants anglophones sont très largement opposés au projet de charte, alors que tout près de la moitié des francophones y sont favorables.

Le sondage a été réalisé par Internet auprès de 2000 répondants, vendredi et samedi dernier. Aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 2000 personnes donnerait une marge d'erreur de 2,2 %, 19 fois sur 20.

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