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Pétrole: la Coalition Saint-Laurent dénonce un parti pris du gouvernement

16/09/2013 04:33 EDT | Actualisé 16/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - Un groupe écologiste estime que la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, dispose de tous les éléments pour interdire le développement des hydrocarbures marins dans le golfe.

La porte-parole de la Coalition Saint-Laurent, Danielle Giroux, a affirmé lundi que les résultats d'une nouvelle étude environnementale stratégique (ÉES), dévoilés vendredi, sont suffisants pour agir.

«Le gouvernement pourrait, à la lecture de ce rapport-là, dire: 'on maintient le moratoire, ça va de soi'», a-t-elle dit lors d'une entrevue.

Mme Giroux a rappelé que les libéraux avaient décidé d'interdire le développement des hydrocarbures dans l'estuaire du Saint-Laurent sur la base d'une ÉES, en 2010.

Nathalie Normandeau, alors ministre des Ressources naturelles, avait jugé que le développement de la filière des hydrocarbures nuirait aux secteurs de la pêche et du tourisme.

La Coalition Saint-Laurent a relevé plusieurs constats de la nouvelle ÉES qui militent en faveur d'un moratoire permanent, dans le golfe, dont l'absence d'acceptabilité sociale, le manque de connaissances et l'insuffisance des dispositifs d'urgence en cas de déversement.

«On voit que les conditions sont tellement loin d'être acquises et les impacts sont tellement énormes et l'acceptabilité sociale n'est pas là, a dit Mme Giroux. Il y a une opposition extrêmement forte auprès des communautés côtières, pas juste du Québec, partout dans les cinq provinces. On aurait pu s'attendre à une conclusion comme pour l'estuaire, où le gouvernement a décrété une interdiction permanente.»

Selon Mme Giroux, la réaction du gouvernement traduit un parti pris favorable envers l'exploration pétrolière dans le golfe et ses bassins de l'île d'Anticosti, des Îles-de-la-Madeleine et de la Baie des Chaleurs.

«C'est sûr qu'on voit un grand préjugé favorable de la part du gouvernement, ça nous inquiète», a-t-elle dit.

Mme Ouellet a déclaré lundi qu'il ne faut pas comparer l'ÉES1, qui portait sur l'estuaire du fleuve, et la plus récente ÉES2, qui s'est penchée sur le golfe Saint-Laurent, où les libéraux ont décrété un moratoire temporaire encore en vigueur.

«Les conclusions de l'ÉES2 ne concluent pas qu'il n'y a pas d'intérêt ou trop de risques», a-t-elle dit.

Selon la ministre, le gouvernement souhaite obtenir davantage d'informations sur les retombées économiques et les impacts environnementaux d'une éventuelle exploitation des gisements pétroliers marins dans le golfe.

«On n'a pas assez d'information, on doit aller plus loin, a-t-elle dit en entrevue. C'est pour ça que l'ÉES2 n'est pas une finalité, c'est une étape.»

Sans exclure la possibilité que le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) soit mandaté, Mme Ouellet a promis d'annoncer prochainement une démarche de consultation «structurée, rigoureuse, avec échéancier».

Mme Ouellet n'a pas précisé si elle ira de l'avant avec son projet de loi sur les hydrocarbures avant que les impacts environnementaux du pétrole soient évalués.

«On va vous revenir avec l'ensemble de la démarche ultérieurement», a-t-elle dit.

En campagne électorale, le Parti québécois avait promis que le BAPE évaluerait l'ensemble de la filière pétrolière, mais la première ministre Pauline Marois a par la suite estimé que les gisements dans le golfe, dont Old Harry au large des Îles-de-la Madeleine, sont trop différents pour être étudiés tous ensemble.

Le PQ s'est engagé à mandater le BAPE si jamais des travaux d'exploration sur l'île d'Anticosti laissent entrevoir une possible extraction du pétrole de schiste qui s'y trouve.

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