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Procès des Rédemptoristes : les témoignages se poursuivent

16/09/2013 04:58 EDT | Actualisé 15/11/2013 05:12 EST

La troisième victime à témoigner au recours collectif contre les Rédemptoristes aurait pu ne jamais sortir de l'ombre si Raymond-Marie Lavoie ne s'était pas incriminé lui-même.

L'homme dans la mi-quarantaine en a même voulu au père Lavoie d'avoir donné son nom aux policiers lors de l'enquête criminelle.

« Je ne voulais pas rouvrir ça », a expliqué avec aplomb celui qui a été victime du père Lavoie à une cinquantaine de reprises.

Il dit avoir tout fait pour oublier ses souvenirs indésirables : « Je les ai mis dans un tiroir et j'ai jeté la clé », a-t-il expliqué.

Le père de famille a raconté les premières agressions de Raymond-Marie Lavoie dans la chambre de l'enseignant. Des leçons de guitare privées s'y terminaient par une séance de « chamaillage » entre le religieux de 40 ans et l'élève de 12 ans.

« Il me couchait au sol et lui était sur moi. Là, il se frottait sur moi et là je sentais son pénis en érection. »

Il ne s'explique pas pourquoi il figeait chaque fois, sans réagir : « J'étais gelé, je ne comprenais pas. Je me renfermais sur moi-même et j'attendais qu'il finisse. »

Il a eu le même genre de réaction lorsque le père Lavoie est devenu son responsable de dortoir l'année suivante, en secondaire 2.

Le religieux approchait sa chaise berçante de son lit et glissait sa main sous ses vêtements pour lui faire des attouchements.

En secondaire 3, les gestes à caractère sexuel ont pris fin, mais il était devenu le chouchou de Raymond-Marie Lavoie.

Celui-ci lui offrait des cigarettes et même de la bière à l'occasion. Le religieux l'invitait aussi au restaurant ou dans les boutiques pour des séances de magasinage.

Avant d'être agressé par le père Lavoie, un autre père aurait commis un geste pour le moins étrange à son endroit.

Il a expliqué qu'il avait souvent des douleurs au ventre peu de temps après son admission au Séminaire Saint-Alphonse. Contraint de rester seul au dortoir, il avait eu la visite du père Jean-Claude Bergeron.

Le père Bergeron lui a offert de lui montrer comment s'occuper de l'hygiène de son pénis. Le père se serait assis près de lui avant de prendre le pénis du garçon dans ses mains pour lui faire une démonstration.

En contre-interrogatoire, les avocats des pères rédemptoristes et du Séminaire Saint-Alphonse ont questionné le professionnel sur sa carrière et les emplois rémunérateurs qu'il a occupés au terme de ses études.

D'autres victimes seront entendues tout au long de la semaine au palais de justice de Québec.

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