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L'ONU invoque des «preuves accablantes» d'usage d'armes chimiques en Syrie

16/09/2013 08:55 EDT | Actualisé 16/11/2013 05:12 EST

Les inspecteurs des Nations unies ont affirmé lundi qu'il existait «des preuves claires et convaincantes» montrant que des armes chimiques ont été utilisées de façon relativement importante lors d'une attaque survenue le mois dernier en Syrie, faisant des centaines de morts.

Ces conclusions représentent la première confirmation officielle, par des scientifiques, que des armes chimiques ont été utilisées dans la guerre civile syrienne. Mais la première page du rapport, consultée par l'Associated Press, n'identifie pas le camp responsable de cette attaque. Les États-Unis estiment que le régime du président Bachar el-Assad est responsable de l'attaque du 21 août, alors que le gouvernement syrien accuse les rebelles.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a informé les alliés des États-Unis sur l'entente conclue durant la fin de semaine avec la Russie pour mettre fin au programme syrien d'armes chimiques, réclamant un vaste appui envers ce plan qui a permis, du moins pour l'instant, d'éviter des frappes militaires américaines contre le régime syrien.

M. Kerry rencontrait à Paris ses homologues français, britannique, turc et saoudien, avant d'exiger l'adoption d'une résolution des Nations unies qui détaillerait la façon dont la communauté internationale pourrait sécuriser, puis détruire l'arsenal syrien et les produits chimiques permettant sa fabrication.

Signe des difficultés à venir, M. Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, étaient à couteaux tirés, lundi, à propos d'une possible action militaire si la Syrie n'abandonne pas ses armes chimiques.

La France et les États-Unis font pression pour que des frappes puissent être envisagées en cas de non-respect de l'entente par Damas.

«Nous ne tolérerons pas les tentatives de défilement ou quoi que ce soit de moins que l'engagement complet du régime Assad», a déclaré M. Kerry.

Celui-ci a ajouté que l'entente «engageait pleinement les États-Unis et la Russie à imposer des mesures en vertu du chapitre 7 de la Charte des Nations unies en cas de non-respect» par la Syrie.

M. Lavrov a quant à lui précisé que le chapitre 7, qui autorise le recours à la force, avait fait l'objet de «vifs débats» lors des discussions russo-américaines, avant de mentionner que «le document final (...) ne le mentionne pas» et que la résolution actuellement débattue au Conseil de sécurité n'y fait pas référence.

Il a précisé que si la Syrie ne coopérait pas, le Conseil de sécurité pourrait adopter une autre résolution «qui pourrait faire appel au chapitre 7».

Des invitations ont aussi été envoyées lundi aux membres les plus influents de la Coalition nationale syrienne, le principal groupe d'opposition, pour participer la semaine prochaine à New York à une conférence coïncidant avec la rencontre de l'Assemblée générale de l'ONU.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a présenté le rapport des inspecteurs lundi lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

«La conclusion est que des armes chimiques ont été utilisées lors du conflit en cours entre les parties en Syrie, de même que contre des civils, y compris des enfants, à une échelle relativement importante», affirment les inspecteurs dans leur rapport à M. Ban.

Le mandat des inspecteurs ne visait pas à déterminer l'identité du ou des responsables de cette attaque.

Par ailleurs, à Genève, le président d'une commission onusienne sur les crimes de guerre a annoncé la tenue d'une enquête sur 14 cas présumés d'attaques chimiques en Syrie.

Le président de la commission, Paulo Sergio Pinheiro, a précisé que l'enquête n'avait pas encore permis de déterminer quelles substances ont été utilisées lors de ces attaques.

Il a rappelé que la vaste majorité des victimes de la guerre civile syrienne ont été tuées par des armes conventionnelles.

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