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L'ambitieux redressement du Costa Concordia

16/09/2013 04:31 EDT | Actualisé 15/11/2013 05:12 EST

Les opérations de redressement du navire de croisière Costa Concordia sont en cours sur l'île toscane du Giglio, en Italie.

« Toutes les vérifications en amont ont été faites et tout a été fait pour que l'opération réussisse », a dit Franco Porcellachia, chef de projet de Costa. Il a toutefois reconnu qu'il est « difficile d'envisager toutes les hypothèses, étant donné qu'il n'y a jamais eu de précédent ».

L'opération, qui devrait durer une douzaine d'heures, a débuté à 9 h (3 h, heure de Montréal), après quelques heures de retard en raison de forts orages qui se sont abattus sur la région dans la nuit.

« Il n'y a pas de modifications de l'opération », a affirmé, ce matin, Franco Gabrielli, le chef de la protection civile et responsable du projet. « Les orages nous ont empêchés de mettre en place, dans la nuit, la structure flottante, la barge, sur laquelle devait être installée la salle de contrôle. Ayant perdu du temps dans la nuit, il nous faut le rattraper à présent. »

Le Costa Concordia repose, couché sur des rochers, depuis qu'il est passé trop près de la côte de l'île toscane, le 13 janvier 2012. Le naufrage a fait 32 morts, dont deux qui n'ont jamais été retrouvés.

Le navire de 114 500 tonnes mesure 290 mètres de long et est haut comme un immeuble de plus de 10 étages. Il pouvait transporter plus de 4000 passagers et membres d'équipage.

Opération complexe

Cela fait plus d'un an que 500 ingénieurs et spécialistes préparent les opérations de récupération du navire de croisière. Depuis ce matin, une centaine de personnes sont à pied d'œuvre.

Les premières heures de l'opération sont cruciales pour les ingénieurs. Des morceaux de granit du fond marin sont incrustés dans la partie submergée de la coque, que les plongeurs n'ont pas pu inspecter en profondeur.

Douze personnes doivent coordonner leur travail, devant leur ordinateur, pour réussir la rotation du navire. Ils manipulent des télécommandes pour relever l'épave à l'aide d'un système complexe de poulies et de contrepoids. En tout, 56 chaînes d'acier de 26 tonnes chacune sont actionnées par d'énormes treuils.

Cette technique a déjà été utilisée, mais jamais sur un bateau de cette taille. Malgré sa complexité, elle a été préférée à des solutions plus simples, mais jugées plus dommageables pour l'environnement, comme le démantèlement du bateau sur place, ou son coulage.

Les ingénieurs affirment qu'il existe une « infime » possibilité que le Costa Concordia se brise durant sa rotation, devenant ainsi impossible à remorquer.

Une opération de récupération similaire avait été conduite par la Marine américaine, en 1943, pour redresser l'USS Oklakoma, qui avait été endommagé dans l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.

Des centaines de millions

Une fois redressé, le Costa Concordia devra être stabilisé avec des caissons remplis d'eau en prévision de son remorquage vers un chantier de démolition, sans doute au printemps prochain. Des enquêteurs le visiteront éventuellement pour tenter d'en apprendre encore plus sur les circonstances de la catastrophe.

Hier, le groupe Costa, qui possède le navire, et sa propriétaire, l'entreprise américaine Carnival, se sont montrés optimistes. Ce sont eux qui doivent payer pour l'opération de récupération qui doit coûter plus de 820 millions de dollars.

L'opération devrait devenir la plus dispendieuse du genre dans l'histoire navale. Elle représente plus de la moitié des pertes de 1,5 milliard de dollars engendré par le naufrage.

Le capitaine du Costa Concordia, Francesco Schettino, fait d'ailleurs face à la justice pour son rôle dans le naufrage. Il aurait notamment abandonné son navire au cours de l'évacuation chaotique.

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