MONTRÉAL (AFP) - Le Québec est profondément divisé par le projet de "charte des valeurs" du gouvernement Marois, qui propose notamment de promouvoir la neutralité de l'Etat en interdisant aux fonctionnaires d'afficher des signes religieux ostentatoires, indique un sondage lundi.

Cette interdiction, mesure phare de ce projet sur la laïcité, obtient le soutien de 51% des répondants à ce sondage réalisé par l'institut Léger Marketing pour le compte de l'Agence de presse QMI.

Dans l'ensemble, 43% des Québécois sont favorables au projet, contre 42% qui y sont défavorables. "On n'a pas vu pareille division depuis (...) le référendum de 1995" sur la séparation de la province du reste du Canada, a déclaré le vice-président de l'institut de sondages, Christian Bourque.

Dans un sondage précédent, près de 57% des Québécois approuvaient pourtant la présentation d'un projet de loi allant en ce sens, qui doit avoir lieu cet automne. "Les appuis sont moindres. Plus les gens en entendent parler, plus ils définissent leur opinion. Si on compare aux appuis d'il y a trois semaines, il y a un effritement", indique M. Bourque.

Le sondage fait ressortir un fort clivage linguistique entre la majorité francophone (environ 80% de la population), les anglophones et les "allophones", ceux dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais. 72% des anglophones et 66% des "allophones" désapprouvent le projet, contre seulement 34% de francophones.

La seule mesure qui semble faire l'unanimité est la proposition faisant obligation d'avoir un visage totalement découvert pour les employés des services publics, 90% des répondants la soutenant.

La mesure la plus paradoxale du projet de "charte des valeurs québécoises", qui prévoit de mainteniren place le crucifix chrétien qui trône à l'Assemblée nationale de la province, recueille 54% d'avis favorables.

Le sondage, réalisé vendredi et samedi auprès de 2.000 personnes, a une marge d'erreur de 2,2%.

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