NOUVELLES

La Russie s'oppose à une résolution menaçant la Syrie

16/09/2013 09:26 EDT | Actualisé 16/11/2013 05:12 EST
AFP

MOSCOU (AFP) - La Russie a mis en garde lundi contre une résolution menaçant la Syrie, qui ne correspond pas selon elle à l'accord de Genève, au moment où France, Etats-Unis et Royaume-Uni se prononçaient pour un texte très contraignant.

"Je suis certain que malgré toutes les déclarations émanant de certaines capitales européennes, la partie américaine s'en tiendra strictement à ce qui a été convenu, comme un partenaire sérieux", a déclaré devant la presse le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a conclu samedi un accord à Genève avec son homologue américain John Kerry sur un plan de démantèlement des armes chimiques de Damas.

"Si quelqu'un veut menacer, chercher des prétextes pour des frappes, c'est une voie qui suggère à l'opposition au régime qu'on attend d'eux de nouvelles provocations, et c'est même une voie qui peut saper définitivement la perspective de Genève 2", la conférence de paix que la communauté internationale tente d'organiser pour mettre fin à la crise syrienne, a-t-il ajouté.

Le ministre russe s'exprimait à l'issue d'entretiens à Moscou avec son homologue égyptien Nabil Fahmy.

Il a souligné que l'accord conclu samedi avec le secrétaire d'Etat américain ne prévoyait pas que la résolution à adopter dans un premier temps au Conseil de sécurité de l'ONU sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien fasse mention du recours au chapitre 7 de la charte de l'ONU, qui autorise le recours à la force.

"Pour ce qui concerne les déclarations de certains de nos partenaires sur la nécessité d'adopter dans l'urgence, j'ai même entendu avant la fin de la semaine, une résolution sous chapitre 7, cela montre d'abord une incompréhension de ce dont nous avons convenu avec John Kerry, et même le refus de lire ce document", a déclaré M. Lavrov.

"Nos collègues américains avaient très envie que cette résolution soit adoptée sous chapitre 7. Mais le document final que nous avons approuvé, et qui constitue notre feuille de route et un engagement mutuel, ne contient pas une telle mention", a déclaré M. Lavrov.

"C'est autre chose si au cours de la mise en oeuvre des décisions (...) sont décelés des cas de non respect des obligations, si des problèmes apparaissent dans le maintien de la sécurité (des inspecteurs), si le gouvernement ou l'opposition agissent de telle sorte qu'ils créeront une menace pour le travail des inspecteurs, ou si quelqu'un -- qui que ce soit -- utilise des armes chimiques", a poursuivi le ministre russe.

"Dans ces cas, comme convenu avec nos collègues américains, la résolution du Conseil de sécurité doit prévoir que la question soit portée immédiatement devant le Conseil", a-t-il déclaré.

"Le Conseil peut alors, sur la foi de faits établis, adopter une nouvelle résolution, qui peut être adoptée sous chapitre 7, avec l'ensemble des mesures de contrainte que cela comporte", a dit M. Lavrov.

"Ce sera une tout autre résolution", a-t-il conclu.

Le texte en anglais convenu avec John Kerry à Genève, disponible sur le site du ministère russe des Affaires étrangères, semble pouvoir être sujet à interprétation.

"En cas de non-respect (des mesures prévues par une première résolution, ndlr), y compris le transfert non autorisé ou tout recours par quiconque à l'arme chimique en Syrie, le Conseil de sécurité de l'ONU devrait prendre des mesures sous chapitre 7 de la charte de l'ONU", indique le texte.

Les chefs de la diplomatie de la France, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, réunis à Paris, se sont prononcés lundi pour une résolution "forte et contraignante" à l'égard de Damas.

M. Lavrov reçoit mardi à Moscou à 8H00 GMT son homologue français Laurent Fabius.

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.




INOLTRE SU HUFFPOST

Camps de réfugiés en Syrie