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Des manoeuvres complexes entamées pour renflouer le Costa Concordia en Italie

16/09/2013 04:47 EDT | Actualisé 15/11/2013 05:12 EST

ÎLE DU GIGLIO, Italie - Les ingénieurs ont complété avec succès, lundi, la première étape de renflouement du paquebot Costa Concordia, qui était couché son flanc depuis des mois à la suite de son naufrage au large de l'île du Giglio, en Italie.

Les progrès ont cependant été beaucoup plus lents que prévu, et la délicate opération consistant à faire pivoter le navire de croisière vers une position verticale devrait se poursuivre mardi.

C'est la première fois qu'une telle opération est tentée avec un navire de cette taille. La technique a toutefois déjà fait ses preuves dans le passé.

Un système complexe de poulies et de contrepoids a été mis à contribution afin de redresser le luxueux bateau de croisière, qui s'est échoué en janvier 2012.

Le navire a refusé de bouger pendant les trois premières heures de l'opération, a expliqué aux journalistes l'ingénieur Sergio Girotto.

Mais une fois quelque 6000 tonnes de force appliquées, des caméras sous-marines ont montré que le paquebot avait commencé à se détacher du récif.

L'ingénieur a déclaré que les caméras n'avaient pas donné signe des deux corps qui n'ont jamais été récupérés après la tragédie.

Des images transmises par des engins robotisés sous-marins ont permis de constater que la coque du navire qui se trouvait sous l'eau était grandement déformée après tout ce temps passé sur les rochers de granit.

La puissance des vagues et le poids du bateau — environ 115 000 tonnes — ont aussi empiré l'état de la coque submergée.

Cette première étape a permis de faire bouger le paquebot de trois degrés vers la verticale.

Même s'il s'agissait d'un mouvement relativement mineur, la différence a été aussitôt visible à l'oeil nu. On a vu apparaître quelques mètres de la coque couverte d'une eau visqueuse.

Les ingénieurs attendent que l'opération soit complétée avant de crier victoire.

La rotation devait nécessiter jusqu'à 12 heures de travaux, mais alors que la soirée approchait, les opérations avaient clairement pris du retard. Quelques heures après le début de la tentative de redressement, l'épave du Costa Concordia ne s'était relevée que de 10 degrés.

«Cela prend plus de temps que prévu», a déclaré M. Girotto lors d'un point de presse lundi après-midi.

«Même si cela prend de 15 à 18 heures, cela nous convient. Nous sommes satisfaits de la progression des travaux.»

Des responsables ont souligné que jusqu'à maintenant, aucune substance polluante ne s'était écoulée du navire. L'île du Giglio fait partie d'un archipel toscan intégré à une réserve marine où les dauphins et les poissons sont nombreux.

Une opération de sauvetage similaire a déjà été effectuée en 1943 pour récupérer l'épave du USS Oklahoma, après l'attaque japonaise contre Pearl Harbor.

Le coût total de l'opération italienne est évalué à 800 millions $ US.

Le Costa Concordia s'est échoué le 13 janvier 2012 en heurtant un récif, entraînant 32 personnes dans la mort.

Les habitants de cette petite île de pêcheurs située au large de la Toscane ont l'épave sous les yeux depuis tout ce temps.

Lundi, quelques dizaines d'entre eux se sont retrouvés sur une digue afin de suivre le déroulement de l'opération. D'autres se contentaient de jeter un coup d'oeil en direction du bateau tout en vaquant à leurs occupations.

Les ingénieurs ont estimé que les risques de voir le paquebot se briser en deux pendant l'opération étaient minces.

Si un tel scénario se produisait, les responsables du projet ont installé des barrières flottantes afin de contenir toute pollution qui pourrait s'échapper du navire.

Une fois le navire redressé à la verticale et stabilisé, il reposera sur un fonds océanique artificiel construit à 30 mètres sous la surface de l'eau. Le paquebot doit ensuite être remorqué au printemps prochain.

Le capitaine responsable du navire au moment du naufrage, Francesco Schettino, est toujours poursuivi pour homicide involontaire, pour avoir provoqué l'accident et pour avoir abandonné son poste pendant l'évacuation. L'homme affirme que le récif ne se trouvait pas sur les cartes utilisées pour la croisière du paquebot.

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