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Zones inondables: les assureurs veulent une mise à jour des cartes

15/09/2013 01:18 EDT | Actualisé 15/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - La mise à jour des cartes identifiant les zones sujettes à des inondations est nécessaire, sans quoi les propriétaires n'auront jamais accès à une assurance complète à ce chapitre, ont prévenu des dirigeants de compagnies d'assurances.

C'est du moins ce que conclut un sondage mené auprès de 13 cadres de compagnies d'assurances à propos des inondations extrêmes, qui ont dévasté plus tôt cette année le sud de l'Alberta et la ville de Toronto.

Les sinistrés sont bien souvent surpris d'apprendre que si leurs assurances les protègent en cas de refoulement d'égouts, cela n'est pas le cas lorsque des dommages sont provoqués par l'infiltration d'eau — à travers les fenêtres de leur sous-sol —, causée par la crue d'une rivière.

Le Canada est par ailleurs le seul pays du G8 où les assureurs privés n'offrent pas de couverture en cas de terrains inondés.

«La plupart des assureurs estiment que les cartes actuelles des zones inondables sont inadéquates, dépassées et manquent de précision», indique-t-on dans l'enquête, menée par Blair Feltmate et Jason Thistlewaite, deux experts de l'université de Waterloo, en Ontario. La Presse Canadienne a obtenu copie du document, à la veille de sa publication, prévue lundi.

Les assureurs concentrent désormais leurs efforts sur les inondations, puisqu'il s'agit, et de loin, les désastres les plus coûteux pour ces entreprises, a expliqué M. Feltmate.

Pas moins de 289 inondations ont été répertoriées au Canada depuis 1900, ce qui en fait le désastre le plus fréquent, devançant les précipitations de grêle, les feux de forêts et les tempêtes hivernales.

Les dommages causés par les inondations entraînent des coûts extrêmement élevés. La crue de rivières dans le sud de l'Alberta, cet été, a entraîné des frais de 2,25 milliards $ pour les assureurs privés, et ce même si les dommages sur les demeures n'étaient habituellement pas couverts.

D'autres inondations ayant eu lieu au Québec et au Manitoba en 2011 ont également entraîné des coûts de plusieurs millions de dollars.

Le sondage indique que si les dirigeants des compagnies d'assurance sont prêts à offrir une police pour les inondations de terrains, ils ne sont pas en mesure de commencer à les élaborer avant la mise à jour des cartes, qui devront dorénavant répertorier les nouveaux risques liés au réchauffement climatique.

Le ministère fédéral de la Sécurité publique a récemment reconnu ce manque de données en commandant une nouvelle étude qui étudiera les cartes de zones inondables de six pays, dont les États-Unis.

Le rapport, dont le dépôt est prévu pour le mois de mars, comprendra également une révision de la cartographie canadienne sur les zones inondables et une estimation des coûts qu'engendrerait une mise à niveau à cet égard.

Quant à M. Feltmate, il a expliqué qu'il poursuivrait ses recherches en se consacrant, au cours de la prochaine année, à un sondage auprès des maires, conseillers municipaux, premiers ministres et autres intervenants qui joueront un rôle dans ce dossier.

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