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Syrie : Washington et Moscou trouvent un terrain d'entente sur les armes chimiques

14/09/2013 07:11 EDT | Actualisé 14/11/2013 05:12 EST
AFP

Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait adopter des sanctions contre la Syrie si le régime de Bachar Al-Assad refuse de démanteler son arsenal d'armes chimiques.

C'est ce qu'a annoncé le secrétaire d'État américain John Kerry, samedi, à Genève, en Suisse, où se tenaient des négociations en présence du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Les deux pays ont établi un calendrier sur la façon dont la Syrie devra se conformer pour éliminer son arsenal chimique et, dans le cas d'un refus, une résolution du Conseil de sécurité pourrait autoriser des représailles, dont une intervention militaire, selon John Kerry.

Ils exigent que la Syrie présente d'ici une semaine la liste de ses armes chimiques et que celles-ci soient détruites avant le milieu de 2014.

John Kerry affirme que des inspecteurs de l'ONU devront être dépêchés en Syrie au plus tard avant le mois de novembre.

« Toute violation des procédures [de la part de la Syrie] ferait l'objet d'un examen par le Conseil de sécurité, et si elles étaient approuvées, le Conseil de sécurité prendrait les mesures requises, des mesures concrètes », a dit Sergueï Lavrov, à l'issue de la rencontre.

« Rien n'est dit à propos de l'utilisation de la force, ou de sanctions automatiques. Toutes les violations seraient examinées par le Conseil de sécurité », a ajouté M. Lavrov.

Le chef de la diplomatie américaine a lui aussi souligné que l'accord ne précisait pas la nature des mesures qui pourraient frapper le régime de Damas en cas de non-respect des décisions prises.

Toutefois, les États-Unis se réservent le droit de frapper seuls, avec leurs alliées, si le processus devait être bloqué au Conseil de sécurité de l'ONU, a dit John Kerry en conférence de presse.

Entre-temps, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, espère pouvoir organiser une deuxième conférence de la paix sur la Syrie, le mois prochain, bien que beaucoup de détails doivent encore être réglés.

La France et le Royaume-Uni saluent l'entente

La France a qualifié samedi cet accord d' « avancée importante » dans le dossier syrien.

« La réunion du lundi 16 septembre à Paris avec les États-Unis et le Royaume-Uni permettra d'en discuter le contenu ainsi que les conditions d'approbation et de mise en oeuvre », a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un communiqué.

La France « tiendra compte du rapport des inspecteurs de l'ONU sur le massacre de Damas pour arrêter sa position », a ajouté Laurent Fabius qui s'est entretenu au téléphone avec le secrétaire d'État américain John Kerry avant que l'accord conclu samedi ne soit finalisé.

Les experts de l'ONU, qui n'ont pas pour mission de déterminer qui est responsable de l'attaque du 21 août dernier près de Damas, mais bien si des armes chimiques ont été utilisées, doivent rendre leur rapport lundi.

De son côté, le Royaume-Uni se réjouit de l'accord conclu à Genève, tout en soulignant la nécessité de travailler d'urgence à sa mise en oeuvre.

« J'ai parlé au secrétaire [d'État américain John] Kerry », écrit le chef de la diplomatie britannique, William Hague, sur son compte Twitter. « Le Royaume-Uni se réjouit de l'accord russo-américain sur les armes chimiques de la Syrie. Des travaux urgents vont devoir être menés pour le mettre en application. »

Pour sa part, le chef du Conseil militaire suprême de l'opposition syrienne, le général Selim Idris, dit rejeter cette entente et annonce son intention de continuer à se battre.

L'accord conclu à Genève n'aidera pas à résoudre la crise et peut être considéré comme un coup porté à l'insurrection, selon lui. Il accuse le régime d'être en train de cacher ses armes chimiques, notamment au Liban et en Irak.

Le Canada réitère sa méfiance à l'égard du régime syrien

De son côté, le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, qui se trouvait en Turquie, a qualifié de « ridicule et absurde » l'offre de la Syrie, formulée cette semaine, de livrer des informations sur son arsenal chimique 30 jours après avoir signé la convention internationale interdisant de telles armes.

Il emboîte ainsi le pas aux États-Unis, qui avaient rejeté cette semaine ce délai de 30 jours proposé par Damas.

Selon M. Baird, le président syrien Bachar Al-Assad ne devrait pas pouvoir disposer de ce délai supplémentaire. « C'est un homme qui, il y a encore une semaine, niait qu'il possédait ce genre d'armes », a dit le ministre.

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, qui s'est joint à M. Baird pour une conférence de presse samedi à Istanbul, a lui aussi exprimé du scepticisme, affirmant qu'Al-Assad tentait de gagner du temps tout en continuant de commettre des atrocités.

Pour M. Davutoglu, la Turquie accueille favorablement l'initiative diplomatique pour détruire les armes chimiques syriennes, mais estime que la communauté internationale doit encore traîner en justice les dirigeants syriens responsables de crimes contre l'humanité.

Le Canada et la Turquie avaient tous deux appelé à une réponse internationale forte à la suite de l'attaque du 21 août en banlieue de Damas.

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