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Égypte: Moubarak sourit à la foule à la reprise de son procès, au Caire

14/09/2013 03:38 EDT | Actualisé 14/11/2013 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Un juge égyptien a ordonné samedi à de hauts responsables de la sécurité de témoigner au cours du nouveau procès de l'ancien président Hosni Moubarak, à propos d'accusations liées au meurtre de près de 900 protestataires lors de la révolte de 2011 ayant mené à sa chute.

La précédente condamnation de l'autocrate de longue date âgé de 85 ans pour avoir échoué à mettre fin aux meurtres a été renversée en appel plus tôt cette année, n'apportant pas de réponse aux questions sur l'identité des gens ayant autorisé l'usage de la force contre les protestataires, et sur ceux ayant exécuté de tels ordres.

La décision d'appeler à la barre les anciens responsables des prisons et des services de renseignement dans cette affaire a semblé lier celle-ci au procès concernant le successeur à la tête du pays, Mohamed Morsi, qui a lui aussi été renversé par un coup d'État ayant l'appui du peuple le 3 juillet, un an après son élection.

Morsi est détenu dans des installations militaires tenues secrètes et fait l'objet d'une enquête concernant des allégations voulant qu'il ait conspiré, avec d'autres leaders des Frères musulmans et le Hamas palestinien, pour s'échapper de prison pendant la révolte anti-Moubarak.

Cette allégation a de nouveau été évoquée en cour, samedi, par des avocats de la défense qui ont suggéré que des militants du Hamas étaient responsables d'attaques contre des prisons et des postes de police dans le nord de la Péninsule du Sinaï, qui borde Gaza.

Alors que le procès reprenait, l'armée a poursuivi sa plus importante offensive depuis plusieurs années contre les militants de cette région. Des responsables de la sécurité ont indiqué samedi avoir découvert des explosifs ciblant un poste-frontière égyptien près d'un tunnel en provenance de Gaza.

Au dire de responsables du renseignement militaire, cette découverte est une autre preuve que les militants basés à Gaza sont impliqués dans des attaques contre les forces de sécurité égyptienne.

Au cours des dernières semaines, l'armée a rasé des maisons le long de la frontière avec Gaza et fait s'effondrer des tunnels en préparation de la création d'une zone tampon pour réduire le trafic d'armes et le passage de combattants islamistes.

Les Frères et le Hamas nient depuis longtemps tout lien avec les évasions ou les attaques contre les forces de sécurité dans le Sinaï. Selon les Frères, les allégations font partie d'un coup de propagande ayant décrit le groupe comme une organisation terroriste devant être interdite.

«Les autorités en place et responsables du coup d'État a transformé les victimes en criminels et les criminels en victimes... et ce en surpassant clairement les plus simples règles de la justice, qui sont essentielles à la viabilité et à la stabilité des nations», ont déclaré les Frères par voie de communiqué, samedi.

Lors de son procès, Moubarak a semblé plus reposé et plus en forme que par le passé, alors que l'ancien cacique a souri et a agité la main en direction de ses partisans dans la salle d'audience. Le juge Mahmoud el-Rachidi a ordonné un interdit de publication pour les trois prochaines audiences, du 19 au 21 octobre, invoquant des raisons de sécurité nationale.

Ailleurs en Égypte, des milliers de partisans des Frères musulmans ont manifesté lors de marches éparpillées, samedi, pour marquer le premier mois depuis la mort de plus de 600 personnes lorsque les forces de sécurité ont démantelé deux camps pro-Morsi au Caire.

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