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Fukushima: les commentaires de Shinzo Abe suscitent des questions au Japon

14/09/2013 01:09 EDT | Actualisé 14/11/2013 05:12 EST

TOKYO - Les assurances données par le premier ministre japonais Shinzo Abe au Comité international olympique, selon lesquelles les fuites d'eau contaminées provenant de la centrale nucléaire de Fukushima étaient «sous contrôle» ont provoqué de vives réactions au Japon.

Quelques heures seulement avant que Tokyo ne soit choisie pour tenir les Olympiques de 2020, M. Abe a livré un discours voulant que les contaminants radioactifs provenant de la fuite n'avait pas d'impact sur les eaux à l'extérieur de la baie et qu'elles «ne provoqueront jamais de dégâts à Tokyo».

Les médias japonais et les membres de l'opposition ont affirmé que ces commentaires étaient surfaits.

«Le "contrôle" des eaux contaminées est incertain, a titré samedi le quotidien national Asahi. La crédibilité du message du premier ministre à l'étranger est ébranlée.»

Hikariko Ono, du bureau du premier ministre, a défendu l'engagement de M. Abe, citant des résultats de surveillance au large qui font état d'une radioactivité trop faible pour être détectée. Le gouvernement a multiplié les efforts pour contenir les fuites.

Lors d'une rencontre avec les députés du Parti démocratique (opposition), vendredi, le haut responsable de TEPCO Kazuhiko Yamashita a admis que la situation de l'eau «n'était pas sous contrôle», semblant contredire M. Abe. Les leaders démocrates disent qu'ils demanderont au premier ministre de clarifier son discours.

TEPCO a par la suite publié un communiqué pour expliquer que M. Yamashita mentionnait que des incidents isolés, comme des fuites de réservoirs, et que cela ne contredisait par les affirmations du premier ministre.

Des responsables japonais ont reconnu que l'eau de la nappe phréatique, contaminée par des fuites radioactives provenant des réacteurs entrés en fusion, s'écoulait dans l'océan depuis le désastre de mars 2011. De récentes fuites provenant de réservoirs de stockage contenant de l'eau radioactive a fait augmenter les craintes.

La centrale a rapporté des hausses dans la quantité de tritium radioactif présente dans des échantillons d'eau recueillis près d'une importante fuite d'un réservoir, le mois dernier. TEPCO a indiqué samedi que le tritium dans le plus récent échantillon atteignait 150 000 becquerels par litre, soit plus de deux fois la limite autorisée pour le déversement dans l'océan.

Les experts croient généralement que l'impact global de la contamination diminue, plus devient négligeable alors que les particules radioactives se répandent dans l'océan.

Lake Barrett, un ancien responsable de la réglementation nucléaire américaine, et un conseiller de TEPCO, est d'accord avec M. Abe.

«Si nous voulons entrer dans les détails, il y a-t-il une petite fuite de césium? Oui, mais le tout est encore sous contrôle, d'un point de vue de santé publique et de sécurité environnementale», a-t-il dit à l'Associated Press.

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