POLITIQUE

Mairie de Montréal – Richard Bergeron veut réveiller les citoyens

13/09/2013 05:30 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST
Presse canadienne

À la suite d'une année riche en rebondissements sur la scène municipale, voilà que Richard Bergeron, seul survivant de la course à la mairie de 2009, fait figure de vétéran dans la course actuelle. Mais ironiquement, celui qui convoitait déjà la mairie en 2005 fait toujours face au même défi: convaincre les Montréalais que ses idées sur la ville feront progresser Montréal dans le 21e siècle.

Après un gain dans le Plateau-Mont-Royal avec l’élection de Luc Ferrandez et l’arrivée dans le giron de Projet Montréal du maire de Rosemont-La Petite-Patrie François Croteau, Projet Montréal peut-il espérer élargir ses horizons? Peut-il s’affranchir de son étiquette de «parti de la ligne orange»? Richard Bergeron croit avoir fait ses preuves, mais concède qu’il doit maintenant attendre le verdict de la population.

«La profondeur de ma démarche personnelle comme candidat à la mairie et de notre démarche comme formation politique est maintenant attestée, estime le candidat. On n’est pas des rigolards, on n’est pas des superficiels, on n’est pas un coup de vent. Je pense qu’on a gagné le respect de la population. Est-ce que c’est assez pour la mettre suffisamment en confiance pour qu’elle nous confie la direction de Montréal le 3 novembre prochain, il nous reste deux mois pour vérifier ça.»

«On a bien l’intention de gagner partout. On a l’intention de gagner à Verdun. On a l’intention de gagner Lachine. On a bien l’intention de gagner Pierrefonds et il n’y a pas de métro là!» - Richard Bergeron, sur l’étiquette de «parti de la ligne orange»

Combattre la démission citoyenne

Idéaliste, insensé, radical… Les épithètes n’ont pas manqué dans les dernières années pour décrire l’urbaniste de formation. M. Bergeron rejette évidemment ses accusations et souligne n’avoir jamais compris leur origine. Mais par ailleurs, il dénonce la démission de certains citoyens face à leur ville devant ce qu’il considère comme du méga-gaspillage. Notamment dans des projets tels que la réfection de l’échangeur Turcot (3,7 milliards $) et la construction d’un nouveau pont Champlain (5 milliards $).

«Les gens sont disposés à avaler n’importe quoi qui leur vient d’une certaine manière de penser. Ils sont prêts à se faire manger la laine sur le dos, ils sont prêts à se faire voler à coups de milliards de dollars, dénonce-t-il. On gaspille des milliards et des milliards dans l’indifférence, et dès qu’on parle d’une autre manière de développer notre ville, on accroche sur 20 millions de dollars.»

Le conseiller du district Jeanne-Mance, sur le Plateau, veut retrouver la fierté et le savoir-faire des Montréalais. Montréal mérite plus, lance le maire. «Il va d’abord falloir que les Montréalais acceptent cette idée. Pour que le maire parle avec assurance au nom des Montréalais quand il négocie avec les gouvernements. Si tout le monde trouve ça normal que ce soit laid… »

Faire mieux pour moins cher, tout en se tenant debout face aux gouvernements provincial et fédéral. Grosse commande.

«Je vous mets au défi de trouver un pont à 5 milliards $. Ça n’existe pas. Si ça coûte 5 milliards, c’est qu’il y aura 3 milliards de gaspillés.» - Richard Bergeron, sur le nouveau pont Champlain

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Renflouer les coffres en contrant l’exode

Les projets coûtent cher et leur financement est questionné. La clé, selon Richard Bergeron, sera la rétention des familles pour canaliser les investissements. Projet Montréal calcule que de garder les familles en ville entraînerait une croissance démographique additionnelle de 22 000 habitants par année ainsi que des investissements supplémentaires de l’ordre de 2,5 milliards de dollars annuellement. Des dollars qu’il souhaite diriger vers de grands projets de redéveloppement tels que l’Entrée maritime, le tramway, le quartier Griffintown ou la zone de Blue Bonnet.

«Retenir les familles, ça veut dire faire entrer l’argent dans les coffres de Montréal plutôt que dans ceux de Sainte-Julie, Saint-Constant, Mascouche et les autres, déplore Bergeron. Ce que je reproche à ces gens-là, c’est que pas une seule fois ils ont envoyé une carte de remerciements à Noël au maire de Montréal!, lance-t-il en boutade. Ils disent : Comptez-vous chanceux que nos gens aillent de temps en temps manger dans un de vos restaurants. Et vous êtes mieux de nous construire des parkings. Je ne veux pas, moi, que le monde vienne manger une seule fois par année dans le Vieux-Montréal. Je veux qu’ils habitent dans le Vieux-Montréal! »

Des tensions, où ça?

En cette période où tensions ethniques et linguistiques font les manchettes, Richard Bergeron présente une vision positive qui se veut rassurante, même si elle en fera sourciller certains. Voit-il des tensions ethniques ou linguistiques à Montréal? «Aucune. Zéro. C’est ça qui est l’fun, c’est qu’il n’y en a pas», affirme avec aplomb le candidat. S’il admet qu’il y en a eu historiquement, ce dernier insiste sur les exemples de réconciliation avant d’ajouter : «Ça n’a jamais été mieux que présentement à Montréal en termes de relations intercommunautaires. » Et les exemples de tensions linguistiques? Des anecdotes. Des radicaux desquels on doit éviter les pièges, rétorque M. Bergeron, écorchant au passage les médias en quête de sensationnalisme.

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