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Le ratio d'endettement des consommateurs canadiens a grimpé au 2e trimestre

13/09/2013 09:12 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - La dette des ménages canadiens a grimpé à un nouveau sommet au deuxième trimestre, après avoir diminué lors des six mois précédents, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Le niveau d'endettement — que l'agence gouvernementale calcule en opposant la dette contractée par les ménages sur le marché du crédit à leur revenu disponible — a atteint un nouveau record de 163,4 pour cent au deuxième trimestre, comparativement à 162,1 pour cent au cours des trois premiers mois de l'année.

En bref, cela signifie que les Canadiens doivent un peu plus de 1,63 $ pour chaque dollar de revenu disponible qu'ils gagnent en un an.

«Si vous écoutez attentivement, vous pouvez entendre la Banque du Canada qui ravale sa salive silencieusement», a illustré l'économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, dans un rapport.

La dette des ménages et son impact potentiel sur l'économie a été identifié comme une préoccupation importante par la banque centrale et le ministre des Finances, Jim Flaherty.

Le recul de l'endettement pendant les deux trimestres précédents, qui couvraient la période d'octobre à mars, avait été vraisemblablement bien accueilli par la Banque du Canada, a estimé M. Porter.

«Ce que la Banque du Canada avait décrit comme une 'évolution constructive' des bilans des ménages semble toujours se dérouler, mais la modeste détérioration au deuxième trimestre et la récente hausse des ventes de maisons soulève des doutes», a-t-il écrit.

«Le point d'interrogation persistant à ce chapitre est l'une des raisons pour lesquelles la Banque du Canada a maintenu sa préférence pour un resserrement modéré.»

La banque centrale a publiquement indiqué que la prochaine modification de son taux d'intérêt directeur, dont le moment n'est pas encore choisi, sera une hausse. Le taux de financement à un jour de la Banque du Canada est coincé à un pour cent — un taux historiquement faible — depuis septembre 2010.

Le changement de cap de la dette des ménages survient alors que le marché de l'habitation semble reprendre un peu de vigueur, après un ralentissement que plusieurs observateurs ont attribué au resserrement des règles sur les prêts hypothécaires mis en place par le ministre Flaherty à l'été 2012.

Les ventes et les prix des maisons sont repartis à la hausse sur plusieurs marchés à travers le pays, même si es banques commerciales ont commencé à augmenter leurs taux d'intérêt hypothécaires.

Au cours du deuxième trimestre, les Canadiens ont emprunté 25,9 milliards $, dont 18 milliards $ en prêts hypothécaires.

Au cours du trimestre précédent, les Canadiens avaient emprunté 3,8 milliards $ dans le cadre d'hypothèques — le plus faible montant à ce chapitre en quatre ans — et réduit leurs autres prêts et crédit à la consommation.

Les dettes hypothécaires canadiennes totalisaient un peu plus de 1100 milliards $ tandis que le crédit à la consommation s'élevait à 500 milliards $ au pays à la fin du deuxième trimestre.

L'économiste Diana Petramala, de la Banque TD, a indiqué que la hausse de la dette n'était pas étonnante compte tenu de la reprise des ventes de maisons, mais elle a précisé ne pas s'attendre à ce que cette tendance se poursuive.

«La hausse du niveau d'endettement témoigne aussi, en grande partie, de la faiblesse de la croissance des revenus au cours de la première moitié de l'année», a-t-elle écrit dans une note à ses clients.

Elle prévoit en outre que les ventes de maisons vont se stabiliser et que la croissance des revenus va connaître une reprise, ce qui devrait faire en sorte que le ratio d'endettement reste près de son niveau actuel.

Malgré la hausse de l'endettement, la valeur nette des ménages canadiens a avancé de 0,7 pour cent au cours du trimestre, stimulée par un gain de 1,6 pour cent de la valeur des maisons.

La valeur nette des ménages par habitant a augmenté pour passer à 205 900 $ au deuxième trimestre, a indiqué Statistique Canada, précisant que cette valeur avait été atténuée par la faiblesse des marchés boursiers canadiens.

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