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L'industrie de la restauration manque de repères en matière d'alcool selon Éduc'alcool

13/09/2013 12:26 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST
DMITRY KOSTYUKOV / AFP

MONTRÉAL - L'industrie de la restauration du Québec manque de repères en matière de boissons alcoolisées. Éduc'alcool presse donc le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, de rendre obligatoire la formation sur le service d'alcool dans le cadre de la révision de la Loi sur les permis d'alcool.

Le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, a formulé cette demande vendredi, en présence de Valérie Couturier, cette serveuse congédiée récemment par un restaurant de Boucherville après avoir empêché un client ivre de prendre le volant.

La jeune femme croit que si le propriétaire du restaurant avait suivi la formation sur le service d'alcool, il aurait su qu'il avait non seulement le devoir moral, mais aussi l'obligation légale de respecter certaines règles pour éviter que le client ne s'enivre.

M. Sacy estime qu'une pareille situation, qualifiée d'absurde et d'inacceptable, ne doit pas se reproduire au Québec.

«C'est de l'ignorance. Si son patron avait été au courant de la loi, il lui aurait donné une augmentation et l'aurait félicitée au lieu de la mettre à la porte. Elle lui a évité une poursuite. Il aurait été poursuivi parce qu'il n'a pas fait sa job! Elle lui a rendu le plus grand service dont il aurait pu rêver», s'est-il insurgé.

Pour sa part, l'employée congédiée ne souhaite aucune compensation financière de la part de son ancien employeur ni être réintégrée dans ses fonctions. En revanche, elle désire un changement de culture et plus d'éducation pour qu'aucun autre employé ne connaisse le même sort qu'elle.

«Je souhaite que les gens soient protégés, pas seulement les serveurs, mais aussi le public. On va savoir qu'il y a un certain contrôle pour éviter que des gens qui ont trop bu ne se retrouvent sur les routes», a indiqué Mme Couturier.

Éduc'alcool a développé la formation sur le service d'alcool avec l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Ce cours, d'une durée de quatre heures, est destiné aux établissements licenciés, mais est suivi sur une base volontaire.

«Il est impensable qu'un chauffeur de taxi n'ait pas de permis de conduire, il est donc impensable qu'un serveur d'alcool n'ait pas de permis de servir. Alors des cours obligatoires pour tous les serveurs, patrons et propriétaires, et ce, au plus pressant», a insisté Hubert Sacy.

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