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Inde: les auteurs du viol collectif sont condamnés à mort

13/09/2013 06:20 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST

NEW DELHI - Les quatre hommes reconnus coupables, plus tôt cette semaine, du viol collectif et du meurtre d'une jeune femme en décembre dernier, à New Delhi, ont été condamnés à mort vendredi.

Le juge Yogesh Khanna a expliqué que le crime avait choqué la population et que la justice ne pouvait se montrer clémente à un moment où la violence envers les femmes ne cesse d'augmenter.

L'un des accusés, un jeune homme de 20 ans, s'est effondré lorsque la sentence a été prononcée.

L'avocat de la défense, A.P. Singh, s'est emporté. «Ce n'est pas une victoire pour la vérité, mais une défaite pour la justice», a-t-il crié alors que le magistrat quittait son siège.

La condamnation à mort devra maintenant être confirmée par la Haute Cour de l'Inde. Les hommes peuvent porter leur cause en appel devant ce tribunal ou devant la Cour suprême, ou encore implorer la clémence du président.

Les proches de la victime, ainsi que de nombreux politiciens et responsables gouvernementaux, réclament depuis longtemps l'exécution des quatre responsables. La famille se trouvait d'ailleurs dans la salle lors du prononcé de la peine. «Je suis très heureux que notre fille ait obtenu justice», a déclaré le père de la victime, dont le nom ne peut être dévoilé.

La jeune femme et un ami étaient montés à bord d'un bus avec les accusés en décembre dernier, avant d'être attaqués. L'ami en question avait été rossé et les agresseurs avaient, chacun leur tour, violé la victime. Ils l'avaient également pénétrée avec une barre de fer, lui causant de très graves blessures auxquelles elle avait succombé quelques jours plus tard dans un hôpital de Singapour.

Un autre suspect s'est apparemment suicidé en prison et un sixième, qui était mineur au moment de l'agression, a déjà écopé de trois ans d'emprisonnement, soit la peine maximale.

La Cour suprême indienne a déjà statué que la peine capitale ne doit être appliquée que dans les cas les plus rares, ce qui laisse une certaine place à l'interprétation. Entre 100 et 150 personnes sont condamnées à mort en Inde chaque année, mais la vaste majorité de ces sentences sont commuées en peines de prison à vie.

Seulement deux personnes, deux terroristes, ont été exécutées en Inde depuis 2004.

Après l'agression, le gouvernement national, dirigé par le Parti du Congrès, a tout fait pour projeter une image de fermeté par rapport à la criminalité, modifiant plusieurs lois sur la violence sexuelle. De nombreux membres de la formation politique, qui voit ses appuis diminuer alors que les élections approchent, ont clairement fait savoir qu'ils désiraient que les quatre hommes soient exécutés.

Le ministre indien de l'Intérieur, Sushilkumar Shinde, a accueilli la sentence avec enthousiasme, après avoir affirmé cette semaine que la peine capitale était assurée dans ce cas. «La victime et sa famille ont obtenu justice. C'était un crime honteux, a-t-il déclaré aux journalistes. Le juge a prévenu les gens aux comportements antisociaux du sort qui les attend s'ils commettent de tels actes.»

L'avocat de la défense, M. Singh, a plutôt estimé qu'il s'agissait d'un verdict politique. «Le juge a décidé de la peine de mort sous pression politique, a-t-il lancé. Cette punition a été rendue sur l'insistance du gouvernement.»

Plusieurs ont espéré que l'affaire, et l'importante couverture médiatique dont elle a bénéficié, aidera à modifier les attitudes traditionnelles en Inde, qui condamnent les femmes à la soumission et contribuent à maintenir un climat propice au harcèlement sexuel. Dès l'enfance, les femmes apprennent à s'habiller de façon conservatrice et à éviter de sortir le soir. On leur enseigne également à ne pas porter attention aux commentaires sexistes et aux attouchements subis en public.

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