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Pyongyang sur la voie de redémarrer un réacteur nucléaire dans un «état épouvantable»

12/09/2013 07:11 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST
AP
North Korean female troops march during a military parade at Kim Il Sung Square to mark the 65th anniversary of the country's founding in Pyongyang, North Korea, Monday, Sept. 9, 2013. (AP Photo/Kim Kwang Hyon)

La Corée du Nord semble être sur la voie de redémarrer un réacteur nucléaire à Yongbyon dans un "état épouvantable", a indiqué jeudi une source russe, confirmant des informations américaines et évoquant le risque d'une "catastrophe" sur la péninsule coréenne.

"Il est évident que des travaux sont menés là-bas depuis longtemps. Certains signes montrent que cela va vers le redémarrage", a indiqué cette source diplomatique citée par les agences de presse russes.

"Le réacteur, qui est une construction des années 1950, est dans un état épouvantable", a souligné cette source.

La Russie s'est dite inquiète des conséquences de cet éventuel redémarrage pour la région.

"Cela pourrait avoir des conséquences terribles pour la péninsule coréenne, entraîner une catastrophe", a ajouté la source russe.

"Nous n'avons pas de données prouvant que le réacteur est redémarré", a toutefois souligné la source russe.

Un groupe de réflexion américain a affirmé mercredi que la Corée du Nord semblait avoir redémarré un réacteur nucléaire de la centrale de Yongbyon qui produit du plutonium, ce qui devrait permettre au régime d'accélérer son programme d'armement.

Une photo prise par satellite le 31 août montre de la vapeur s'échappant d'un bâtiment adjacent au réacteur d'une puissance de cinq mégawatts sur le complexe nucléaire de Yongbyon, a indiqué l'Institut américano-coréen de l'Université Johns-Hopkins.

Le cliché montre que la Corée du Nord "semble avoir fait redémarrer le réacteur", ont précisé les chercheurs Nick Hansen et Jeffrey Lewis sur le blog de l'institut.

Pour la source russe, la cause du dégagement de vapeur visible sur le cliché "pourrait s'avérer être une simple vérification du générateur".

Selon les chercheurs américains, le réacteur est capable de produire six kilogrammes de plutonium par an, que Pyongyang pourrait utiliser pour lentement accroître la taille de son arsenal nucléaire.

La Corée du Nord avait annoncé en avril dernier le redémarrage prochain de ce réacteur nucléaire, arrêté en 2007 dans le cadre d'un accord international soutenu par les États-Unis.

Les révélations concernant le réacteur nord-coréen interviennent au moment où les houleuses relations internationales avec la dictature nord-coréenne connaissent une légère accalmie après un troisième essai nucléaire en février qui avait été suivi d'une menace d'attaque des États-Unis.

Pyongyang disposerait d'un stock de plutonium suffisant pour produire six bombes, après avoir utilisé une partie de ses réserves pour ses essais.

Le mois dernier, l'Institut pour la science et la sécurité internationale (Isis) soutenait que le régime avait vraisemblablement doublé sa capacité d'enrichissement de l'uranium sur son site de Yongbyon.

Lorsque la Corée du Nord a révélé l'existence de ce site fin 2010, lors d'une visite d'un scientifique américain, le bâtiment contenait quelque 2 000 centrifugeuses pour enrichir l'uranium, destiné, selon Pyongyang, à alimenter une centrale nucléaire.

Mais pour Washington, Séoul et leurs alliés, le Nord veut utiliser cet uranium enrichi pour des armes.

Ces dernières semaines, la Corée du Nord a fait connaître sa volonté de reprendre les négociations à six sur son programme nucléaire. Celles-ci impliquent, outre Pyongyang, la Corée du Sud, les États-Unis, la Russie, la Chine et le Japon.

Mais tant Washington que Séoul insistent sur la nécessité pour Pyongyang de démontrer ses bonnes dispositions préalablement à tout contact officiel en la matière.

En faisant l'inverse, avec le redémarrage de son réacteur, la Corée du Nord poursuit une stratégie payante qui a consisté à tirer sur la corde pour obtenir des concessions de ses antagonistes.

"Les Nord-Coréens disent: nous sommes prêts à reprendre les négociation, mais on ne comprend pas sur quoi", a observé la source diplomatique russe.

"La situation est pour l'instant compliquée", a-t-il conclu.

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