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« J'ai perdu l'usage du côté droit de mon corps » - Kwasny

12/09/2013 06:38 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

À 24 ans, Kevin Kwasny adorait le football et jouait pour les Gaiters de l'Université Bishop's. Jusqu'au jour où il a subi une commotion cérébrale pendant un match en septembre 2011.

« J'ai perdu l'usage du côté droit de mon corps », explique-t-il.

Kevin Kawsny dit avoir averti ses entraîneurs qu'il se sentait mal après avoir reçu un coup à la tête. Les entraîneurs l'auraient tout de même obligé à retourner au jeu.

« J'ai dit : les gars, j'ai mal à la tête, j'ai mal à la tête. »

De retour sur le terrain, il aurait reçu un autre choc à la tête, lui causant un hématome au cerveau.

Aujourd'hui, il réapprend à marcher et à parler dans un centre spécialisé. Et dit avoir perdu son rêve de jouer dans la Ligue canadienne de football.

Sa famille poursuit l'Université Bishop's pour la somme de 7,5 millions de dollars, pour payer les soins médicaux et parce qu'il ne peut pas travailler.

« Nous avons besoin d'aide. Il a besoin d'aide », affirme le père de Kevin, Greg Kwasny.

L'université nie, quant à elle, avoir forcé Kevin à retourner sur le terrain : « C'est impossible qu'on ait permis à un joueur de retourner sur le terrain de jeu s'il a indiqué qu'il était le moindrement blessé » dit le vice-recteur de l'Université Bishop's Michael Goldbloom

Le vice-recteur ajoute qu'une enquête a confirmé que le malaise de Kevin s'est manifesté à la mi-temps et que le joueur a aussitôt été transporté à l'hôpital.

Mais pour l'avocat des Kawsny, Jamie Kagan, la culture du milieu sportif doit changer : la santé doit primer sur la victoire. « Le jeu doit être secondaire », affirme-t-il.

L'Université Bishop's a 40 jours pour répondre à la poursuite déposée à Winnipeg.

Le RSEQ réagit

Le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) se dit à la fois étonné et empathique envers le cas de Kevin Kwasny. Le directeur général, Alain Roy, réaffirme toutefois que son organisme fait tout en son pouvoir pour assurer la sécurité des joueurs.

« On respecte les règles de sécurité établies par les différentes fédérations sportives. Dans le cas du football universitaire, les équipes vont beaucoup plus loin que le minimum requis. »

Football Québec demande simplement qu'une personne ressource en premiers soins soit présente lors des matchs et qu'une ambulance soit disponible. Alain Roy dit que, généralement, les équipes ont leur propre médecin.

« On fait tout ce qu'on peut pour éviter de tels accidents, explique-t-il. On informe souvent nos entraîneurs des dangers des commotions cérébrales, même chose pour les athlètes. On n'est pas à l'abri d'accidents, mais on fait tout en notre pouvoir pour limiter les risques. »

Le RSEQ dit appuyer l'Université Bishop's, membre de son réseau, mais garde une certaine distance.

« On ne va pas enquêter, mais on est en contact avec l'Université. »

Cela dit, le RSEQ ne croit pas que cette poursuite menace la ligue universitaire de football. Ni qu'une défaite de l'Université Bishop's pourrait inciter certains programmes à cesser ses activités.

« On fait tout pour améliorer la sécurité des joueurs, car on est bien conscient des risques. On doit se servir de cette malheureuse situation pour remettre le dossier au cœur des préoccupations. »

Le même protocole que Football Canada

Si le nœud du dossier de Kevin Kwasny concerne surtout l'identification de la commotion cérébrale, le RSEQ tient à préciser qu'il existe bel et bien un protocole pour le retour au jeu.

Le protocole utilisé est celui recommandé par Football Canada.

Au plus tôt, un joueur peut revenir au jeu 7 jours après sa commotion, 6 jours après la disparition des symptômes.

Tous les entraîneurs questionnés répètent que les médecins ont toujours le dernier mot. Encore faut-il que les joueurs disent la vérité, toute la vérité sur leur état de santé.

D'après un reportage de Josiane Pelosse et une entrevue d'Antoine Deshaies.

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