POLITIQUE

Le caucus péquiste demeure uni sur la question de la charte, selon Pauline Marois (VIDÉO)

12/09/2013 01:44 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST
CP

TERREBONNE, Qc - L'ensemble du caucus péquiste se rallie aux principes de la charte des valeurs québécoises, a assuré jeudi Pauline Marois, qui a profité d'un point de presse pour vanter le modèle français en matière d'immigration.

«Je peux vous dire qu'il y a eu un travail qui s'est fait par l'ensemble des membres du parti sur cet enjeu et que le caucus adhère complètement à ce qui est proposé par (le ministre) Bernard Drainville», a affirmé Mme Marois.

En outre, la charte «n'est pas une proposition d'un député ou d'un ministre», mais bien «la proposition de notre gouvernement», a précisé la première ministre, qui était de passage à Terrebonne pour livrer un discours à saveur économique.

Un scénario comme celui qui s'est produit au Bloc québécois est donc à exclure, a-t-elle soutenu.

Le chef bloquiste Daniel Paillé a annoncé jeudi matin que la députée Maria Mourani était expulsée du caucus en raison des propos «inacceptables» qu'elle a tenus publiquement sur le projet de loi péquiste.

La première ministre a en outre réfuté l'idée que l'entrée en vigueur de la charte puisse freiner l'immigration des francophones de confession musulmane — la France en est «le plus bel exemple», a-t-elle plaidé.

«La France, qui a un nombre très imposant de personnes d'origine maghrébine, et qui justement a trouvé un espace pour bien vivre avec tous ces représentants, ces ressortissants de d'autres religions», a-t-elle suggéré.

Mme Marois a catégoriquement refusé de commenter l'expulsion de Mme Mourani, l'une des signataires de la «Déclaration des Indépendantistes pour une laïcité inclusive sur la charte des valeurs québécoises», ni les conséquences que cela pourrait avoir au sein des troupes souverainistes.

Le chef libéral Philippe Couillard ne s'est pas privé de le faire, dans les deux cas.

«Il y a une sorte d'absolutisme; on parle de fondamentalisme ces temps-ci, il semble y en avoir un autre genre qui est en train de s'installer au sein du mouvement souverainiste», a-t-il lâché en marge d'une conférence de presse sur l'économie qui s'est tenue à l'Assemblée nationale.

«Mme Mourani vient de recevoir une bulle d'excommunication; je suppose que pour les prochains hérétiques, il y en aura également», a ironisé M. Couillard.

De son côté, la cochef de Québec solidaire, Françoise David, croit qu'avec l'expulsion de Mme Mourani du caucus du Bloc, le débat sur la charte des valeurs prend une bien mauvaise tournure.

La leader de la formation de gauche souverainiste s'est portée à la défense de la députée fédérale d'Ahuntsic, tombée en disgrâce parce qu'elle a critiqué vertement le projet de charte des valeurs du gouvernement du Parti québécois.

La décision du chef bloquiste de faire taire sa députée alors que le débat sur la laïcité commence à peine risque de braquer «les minorités culturelles», a estimé Mme David, pour qui les opinions «tranchées» de Mme Mourani faisaient d'elle «une voix peut-être un peu dérangeante» mais «nécessaire» au sein du Bloc québécois.

Aux yeux de la députée de Gouin, l'exclusion de Mme Mourani du giron bloquiste aura aussi un impact négatif pour l'ensemble du mouvement souverainiste.

«C'est comme si on se disait: il y a une voix dissidente, une voix qui fait des mises en garde contre certains aspects de la charte (et) il y a un parti souverainiste qui veut faire taire cette voix.

«Ça envoie un mauvais message, ce n'est pas intéressant et ça ne devrait pas se passer comme ça», a-t-elle déclaré, rappelant que les statuts de Québec solidaire prévoient «l'acceptation de la dissidence» au sein du parti.

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