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Couillard veut l'heure juste sur les finances publiques d'ici le 30 septembre

12/09/2013 03:53 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - L'opposition libérale exhorte le gouvernement à donner l'heure juste aux Québécois sur l'état réel des finances publiques, et ce, le plus tôt possible.

Le chef libéral Philippe Couillard craint que le portrait actuel soit loin d'être rose et il accentue la pression sur le gouvernement Marois pour qu'il dépose une mise à jour économique et financière d'ici le 30 septembre.

De toute façon, le ministre des Finances présente toujours une mise à jour économique et financière en automne, en octobre ou novembre.

Jeudi, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) est revenu à la charge pour demander au ministre Nicolas Marceau d'accélérer les choses, craignant une détérioration des finances publiques encore pire que ce qu'indiquent les chiffres officiels rendus publics jusqu'à maintenant.

«Lorsque les finances publiques dérapent, lorsque le déficit budgétaire s'installe, lorsque l'État n'a plus d'argent dans ses coffres, les familles savent ce qui s'ensuit: plus de taxes, plus d'impôts, moins de services», a-t-il dit craindre, en point de presse, au terme d'un caucus préparatoire à la prochaine session qui débute mardi.

«Il faut avoir les vrais chiffres», a dit M. Couillard, ajoutant que cette opération devait être entérinée par le Vérificateur général.

Le ton alarmiste des libéraux n'est pas nouveau, car l'ancien porte-parole des questions économiques, Raymond Bachand, qui vient de quitter la vie politique, avait formulé une demande semblable il y a moins d'un mois, le 15 août, après avoir constaté une hausse du taux de chômage. M. Bachand et le ministre Marceau s'étaient alors livrés à une guerre de chiffres, s'accusant mutuellement de tronquer les faits.

Pour justifier une nouvelle demande, M. Couillard a dit estimer que le gouvernement Marois avait complètement perdu le contrôle de l'économie, de l'emploi et des finances publiques.

Il a chiffré les pertes d'emplois à 45 000 au Québec au cours de la dernière année, sur fond d'une baisse de 20 pour cent des mises en chantier domiciliaires et d'une diminution de 60 pour cent des investissements des entreprises.

Pendant ce temps, «le ministre des Finances nous dit que tout va bien, et qu'en fait le problème c'est que les Québécois ne dépensent pas assez et épargnent trop», a ironisé le chef libéral, jugeant que le gouvernement se cantonnait dans «le déni».

Le ministre Marceau a convenu dernièrement que les revenus escomptés grâce à la taxe de vente (TVQ) se faisaient plus rares que prévu, ce qui pourrait menacer l'atteinte de l'équilibre budgétaire le printemps prochain.

«Le retard de revenus est d'au moins 1 milliard $. On craint que ce chiffre soit encore plus élevé maintenant», a commenté M. Couillard.

Selon lui, le débat actuel autour de la laïcité de l'État et de la charte des valeurs ne contribuera en rien à assainir le climat et à stimuler l'économie.

«Les sociétés qui ne peuvent faire ce geste d'ouverture et d'inclusion vont en souffrir économiquement. Je pense que c'est assez évident déjà», a-t-il dit, craignant que la controverse nuise à l'image du Québec à l'étranger.

«Lorsque les décisions d'investissement doivent se prendre, lorsque les décisions de déplacement d'entreprises doivent se prendre, lorsque les décisions d'immigration par des gens très qualifiés doivent se prendre, ce genre d'ambiance-là n'aide en rien», selon lui.

La Coalition avenir Québec (CAQ) n'est guère plus rassurée sur la situation économique et celle des finances publiques. Elle demande aux libéraux de se joindre à elle pour demander des comptes au ministre des Finances au cours d'une interpellation, soit une procédure parlementaire durant laquelle quelques élus débattent d'un seul sujet pendant quelques heures.

Le porte-parole de la CAQ en économie et finances, le député Christian Dubé, a relaté que «le Mouvement Desjardins a revu à la baisse ses prévisions de croissance de l'économie du Québec qui se situent désormais à 1,1 pour cent pour 2013», a-t-il dit, en point de presse, qualifiant la situation d'«alarmante».

Il a dit que le Québec ne pouvait se permettre de repousser le retour à l'équilibre budgétaire, prévu le printemps prochain.

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