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Assad veut remettre ses armes chimiques un mois après avoir signé le traité

12/09/2013 08:01 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

BEYROUTH - Le président de la Syrie, Bachar el-Assad, a publiquement accepté jeudi une proposition de la Russie lui demandant de remettre ses armes chimiques à la communauté internationale afin qu'elles soient détruites, mais a souligné que ce plan ne pourrait fonctionner que si les États-Unis renonçaient à intervenir militairement dans son pays.

M. Assad a également annoncé que son gouvernement commencerait à fournir des renseignements concernant son arsenal chimique un mois après avoir signé la convention internationale qui interdit les armes chimiques.

Les Nations unies ont révélé jeudi avoir reçu une lettre de la Syrie indiquant son souhait de se joindre au traité. Celui-ci spécifie qu'une nation devient partie 30 jours après avoir signalé son intérêt par écrit.

Le représentant permanent de la Syrie aux Nations unies, Bashar Ja'afari, a lui aussi indiqué aux journalistes, jeudi, avoir présenté au Secrétaire général Ban Ki-moon «l'instrument d'adhésion» à la convention, faisant de son pays un membre en règle du traité.

Le porte-parole adjoint du Secrétaire général des Nations unies, Farhan Haq, a affirmé que M. Ki-moon accueillait favorablement la nouvelle.

«Compte tenu des récents événements, il espère que les pourparlers actuels à Genève mèneront rapidement à une entente sur une voie à suivre qui sera approuvée et soutenue par la communauté internationale.»

Mais le secrétaire d'État américain, John Kerry, qui est actuellement à Genève pour discuter avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a insisté jeudi pour que le gouvernement syrien déclare plus rapidement les informations relatives à son arsenal chimique.

Les commentaires faits par Bachar el-Assad dans le cadre d'une entrevue avec la chaîne télévisée russe Rossiya 24 sont les premiers depuis que la proposition de Moscou a été annoncée lundi dans un effort pour éviter une intervention militaire américaine contre la Syrie en réponse à une attaque chimique qui a fait des centaines de morts en banlieue de Damas le 21 août.

Dans l'interview, qui devait être diffusé au complet plus tard jeudi, le président syrien a soutenu que son pays avait consenti à se défaire de ses armes chimiques à cause de la Russie et non en raison des menaces proférées par les États-Unis.

M. Assad a dit considérer que le traité contre les armes chimiques entrerait en vigueur en Syrie un mois après sa signature et que son gouvernement commencerait alors à transmettre les données sur son arsenal chimique aux organisations internationales. Il a ajouté qu'il s'agissait de la procédure normale dans ce genre de situation.

«Il n'y a rien de normal dans cette procédure», a rétorqué M. Kerry depuis Genève, puisque la Syrie a déjà utilisé ses armes chimiques. «À nos yeux, la parole du régime syrien n'est tout simplement pas suffisante.»

Il a prévenu que les États-Unis pourraient procéder à des frappes militaires en Syrie si Bachar el-Assad n'acceptait pas de démanteler son arsenal chimique de manière appropriée.

De son côté, M. Lavrov a affirmé que le démantèlement de l'arsenal rendrait toute intervention militaire contre le gouvernement Assad inutile.

La Syrie a longtemps refusé de signer la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, qui exige de ses signataires qu'ils déclarent et détruisent toutes les armes chimiques qu'ils possèdent.

John Kerry et son équipe d'experts passeront encore au moins deux jours à discuter avec leurs homologues russes à Genève. Les Américains espèrent établir les grandes lignes du processus qui permettra à la communauté internationale de dresser l'inventaire, de prendre possession et de détruire environ 1000 tonnes d'armes chimiques syriennes.

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