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Syrie: Obama livre un nouveau plaidoyer pour une intervention militaire

11/09/2013 12:41 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Le président Barack Obama s'est adressé mardi soir à la nation américaine lors d'un discours télévisé au cours duquel il a tenté de convaincre la classe politique, mais également ses concitoyens du bien-fondé d'une intervention militaire en Syrie.

Reprenant les arguments précédemment présentés par son secrétaire d'État John Kerry, M. Obama a réitéré que le régime du président syrien Bachar el-Assad avait bel et bien fait usage d'armes chimiques lors d'une attaque lancée le 21 août dernier contre des banlieues de la capitale syrienne, Damas. Selon le président, cet assaut au gaz sarin aurait fait plus d'un millier de victimes, dont plusieurs centaines d'enfants.

M. Obama s'est toutefois quelque peu éloigné de sa première position sur la question, adoptant ainsi un point de vue légèrement moins belliqueux. S'il réclame de nouveau que le Congrès appuie sa décision de lancer une série de frappes militaires contre des installations syriennes, il a réitéré que cette intervention serait de courte durée, n'inclurait pas de troupes au sol, et ne viserait pas non plus à renverser le dictateur el-Assad.

Une telle campagne de frappes ne ressemblerait pas «à un autre Irak ou à un autre Afghanistan, voire même à la Libye, ou au Kosovo», a assuré le chef d'État, avant d'admettre que la population américaine était «fatiguée de la guerre» et des aventures militaires coûteuses et complexes dans le monde arabe.

Au dire du président Obama, les forces américaines sont d'ailleurs bien peu à risque d'une riposte de la part du régime syrien, advenant une intervention militaire.

«El-Assad et la Syrie ne sont pas intéressés par une escalade.»

Il a toutefois soutenu que l'emploi d'armes chimiques par la Syrie représentait «un danger pour la sécurité nationale américaine».

«En laissant s'éroder l'interdiction de l'emploi des armes chimiques, nous courrons le risque que d'autres dictateurs en utilisent, et que nos forces armées soient sous la menace de telles armes sur le terrain», a-t-il précisé, avant d'ajouter qu'un relâchement du contrôle des armes chimiques pourrait ouvrir la voie à une plus grande souplesse quant à l'emploi d'autres armes de destruction massive.

Ce faisant, le président Obama faisait clairement référence à l'Iran — un grand allié de la Syrie — et à ses ambitions présumées de développer des armes nucléaires.

S'il a directement accusé le gouvernement du président el-Assad d'avoir commis un «crime contre l'humanité» en employant des armes chimiques, il a aussi salué l'initiative politique mise de l'avant par la Russie, en vertu de laquelle Damas cèderait ses armes chimiques à des responsables internationaux en vue de leur destruction future.

De fait, le président Obama a confirmé avoir demandé le report du vote du Congrès sur l'intervention militaire, en disant toutefois demeurer «très prudent» face à la Syrie. Les forces militaires demeurent prêtes à agir, a-t-il assuré.

Selon le chef d'État américain, Washington attendra les futurs développements diplomatiques avant d'agir, y compris la publication des résultats des travaux d'enquête des inspecteurs de l'ONU.

«Je préfère les solutions diplomatiques... après tout, pendant les quatre premières années de mon mandat, j'ai travaillé à mettre fin aux guerres», a martelé le président Obama, évitant toutefois de s'aventurer sur le terrain des frappes effectuées par des drones américains.

«[Mais] parfois, les condamnations et les déclarations ne suffisent pas.»

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