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Syrie: le ministre Baird se méfie de l'ouverture syrienne à une solution russe

11/09/2013 12:40 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - Le Canada s'inquiète de la poursuite des manoeuvres dissimulatrices syriennes alors que les Nations unies doivent examiner une résolution pour transférer les armes chimiques de Damas sous contrôle international, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères John Baird.

M. Baird a clairement indiqué qu'il ne serait pas facile de faire confiance au régime du président syrien Bachar el-Assad pour que celui-ci respecte le plan proposé qui pourrait éviter une possible frappe militaire américaine.

Dans une déclaration transmise mardi, le ministre dit vouloir que le Canada s'assure que cette nouvelle proposition ne soit pas «simplement une tactique d'enlisement».

L'évaluation de M. Baird survient alors que les États-Unis et la France faisaient pression pour que soit adoptée une résolution onusienne musclée qui maintiendrait l'option militaire sur la table contre la Syrie.

Damas a promis mardi sa pleine collaboration à un nouveau plan russe en vertu duquel le régime el-Assad placerait ses armes chimiques sous contrôle international, pour qu'elles soient éventuellement détruites.

Le Canada a appuyé les États-Unis et la France dans leur plan de lancer des frappes militaires contre la Syrie en réponse à une présumée attaque chimique ayant tué des centaines de personnes en banlieue de Damas, le mois dernier.

Le premier ministre Stephen Harper a cependant assuré que le Canada ne prévoyait pas de participer à une quelconque mission militaire contre la Syrie.

M. Harper s'est lui-même retrouvé au centre d'une impasse mondiale entre la Russie — le principal allié de la Syrie — et les États-Unis, lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, la semaine dernière.

«Comme noté dans la déclaration signée au G20, nous soutenons les efforts entrepris par les États-Unis et d'autres pays pour renforcer la prohibition de l'utilisation d'armes chimiques», a dit le ministre Baird.

Un haut responsable gouvernemental a déclaré que la poursuite de l'appui canadien envers les États-Unis ne faiblirait pas face au scepticisme envers la Syrie.

Dans sa déclaration, le ministre Baird a précisé que le Canada avait toujours été en faveur d'une solution politique pour mettre fin à plus de deux ans de bain de sang en Syrie.

Le président américain Barack Obama devait s'adresser à la nation mardi soir, alors que l'appui des politiciens américains à une frappe vacille.

M. Obama prévoyait tout d'abord utiliser sa déclaration télévisée pour vendre le concept d'une intervention militaire contre le régime el-Assad. Les États-Unis et ses alliés, dont le Canada, soutiennent que le régime de Damas est responsable de l'attaque aux armes chimiques du 21 août. Le régime el-Assad blâme plutôt les rebelles.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moallem a déclaré, sur les ondes d'une télévision libanaise, que la Syrie remettrait ses arsenaux entre les mains de représentants de la Russie, d'«autres pays» et des Nations unies.

De plus, il a précisé que la Syrie révélerait l'état de ses stocks d'armes chimiques, cesserait de produire de telles munitions, et signerait les conventions qui les interdisent.

«Détruire ces armes chimiques que le régime a nié posséder toutes ces années, serait dans le meilleur intérêt de l'ensemble de la région, et de tous les Syriens», a dit M. Baird.

«Les actions pèseront davantage que les mots. Le Canada attendra de connaître les détails de la sécurisation et de la destruction immédiates de l'ensemble des armes chimiques du régime el-Assad.»

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