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Le maire Labeaume défend sa position sur le transport collectif

11/09/2013 02:29 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

Piqué au vif par le ministre des Transports Sylvain Gaudreault qui l'accuse de manquer de cohérence dans sa vision du développement du transport collectif, le maire de Québec accuse le gouvernement Marois de vouloir couper de moitié d'ici 10 ans le financement aux municipalités pour le transport en commun.

L'incohérence, dit Régis Labeaume, est de réduire les budgets.

Dans la prochaine entente entre Québec et les municipalités, le gouvernement voudrait faire passer les transferts aux villes pour le transport en commun de 1,1 milliard de dollars à 538 millions de dollars d'ici 2023, selon les propositions obtenues par le maire de Québec.

« Comment voulez-vous qu'on se crée un mode de transport collectif si le gouvernement nous propose de couper 50 % des budgets », dénonce Régis Labeaume.

Le maire justifie ainsi son changement de ton face au projet de tramway dans son discours présenté devant l'Association québécoise des transports lundi.

« On a toujours dit, et je le répète dans mon discours, qu'on voulait un mode collectif de transport. On n'a jamais dit qu'on n'en voulait pas. Le gros problème qu'on a, ça fait des mois qu'on travaille sur le pacte fiscal. Avec les dernières propositions qui nous ont été transmises, on ne pourra jamais se payer un tramway », soutient M. Labeaume.

Le maire de Québec indique par ailleurs que le gouvernement souhaite aussi couper 28 % dans les sommes allouées aux infrastructures municipales et qu'il ne remboursera pas en totalité la taxe de vente du Québec (TVQ) aux municipalités comme promis.

« En août 2012, le gouvernement avait dit qu'il rembourserait la TVQ à 100 %, comme le gouvernement fédéral rembourse la TPS à 100 %. Dans la proposition qu'il nous a faite, il n'augmente que de 5 % sur 10 ans le remboursement », déplore-t-il.

Dans ce contexte, la seule option qui reste aux municipalités pour payer le transport en commun est la taxation, selon le maire.

Régis Labeaume calcule que les villes devront aller chercher entre un demi-milliard et un milliard de dollars de plus en taxe sur l'essence pour compenser. « Il [le gouvernement] ne réalise pas qu'il y a des limites à taxer le monde », dénonce-t-il.

La Ville a fait part de ses inquiétudes sur le nouveau pacte fiscal dès le printemps dernier. Le maire a souligné mercredi qu'il ne signera pas cette entente. 

Pas de coupure de moitié, dit le ministre

Le ministre Sylvain Gaudreault s'est défendu de vouloir couper de moitié dans le bugdet alloué au transport collectif. « On a lancé un chantier auquel était convié M. Labeaume à la faveur de l'Entente Québec-municipalités pour regarder toutes les sources de financement possibles et nouvelles dans un souci d'autonomie des municipalités pour financer le transport. Il est aucunement question de couper de motiié, ça n'a pas de sens! », rétorque M. Gaudreault. 

Puisque des négociations sont toujours en cours, le ministre refuse de commenter le projet d'entente.

Par ailleurs, la Ville de Montréal et l'Union des municipalités mettent un bémol aux inquiétudes du maire Labeaume. Elles se disent préoccupées par la situation mais il n'y a pas lieu d'être alarmistes, disent-elles, puisque le gouvernement n'a pas encore déposé sa politique sur le développement durable. 

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