POLITIQUE

Laïcité: Pauline Marois affirme que sa proposition est équilibrée

11/09/2013 10:48 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST
CP

QUÉBEC - Le gouvernement Marois s'affairait à se montrer rassurant, mercredi, au lendemain de la publication de sa controversée charte des valeurs, qui propose notamment d'interdire aux employés de l'État d'afficher des signes religieux.

À son entrée à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, la première ministre Pauline Marois a réaffirmé que son gouvernement avait présenté des propositions qui lui paraissaient équilibrées en vue de promouvoir la laïcité de l'État québécois.

Mme Marois a constaté que les gens avaient commencé «allègrement» à commenter le projet présenté mardi par le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, qui inclut l'objectif de baliser les demandes d'accommodement religieux dans la Charte québécoise des droits et libertés.

«Le débat est ouvert. Les gens auront le droit de s'exprimer», a dit Mme Marois, lors d'un bref point de presse, souhaitant que le débat se déroule «le plus sereinement possible».

Malgré le tollé qui a suivi la présentation des orientations choisies, elle a qualifié la position gouvernementale de «parfaitement équilibrée».

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a affirmé quant à lui qu'il était «tanné» d'entendre, au Canada anglais, que les propositions du gouvernement étaient jugées «extrémistes».

Il a précisé que les universités et cégeps désireux de se soustraire à l'interdiction faite au personnel de porter des signes religieux seraient tenus de soumettre des justifications et des explications, pour se prévaloir de l'exemption offerte à ces établissements.

Alors qu'à Ottawa les conservateurs du gouvernement de Stephen Harper ont annoncé leur intention de contester la constitutionnalité de l'approche privilégiée par le gouvernement du Québec, le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, a soutenu que le projet de charte, tel que présenté, reposait selon lui sur des assises juridiques solides.

«Nous sommes très confiants quant aux assises juridiques de ce document d'orientation», a dit le ministre, ne semblant pas craindre d'éventuelles contestations devant les tribunaux si le projet est adopté tel quel.

M. St-Arnaud a aussi affirmé que son ministère avait été associé à l'élaboration du contenu du document rendu public par son collègue Bernard Drainville, pour s'assurer qu'il tiendrait la route sur le plan constitutionnel.

La ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais, a déclaré de son côté que le projet de charte présentait une avancée pour l'égalité homme-femme, rejetant du revers de la main les craintes et critiques formulées par des femmes musulmanes, réfractaires à l'idée de devoir choisir entre leur voile ou un emploi dans la fonction publique.

«Je pense que c'est un choix sain comme société, c'est un choix très sain pour les Québécoises qu'on a fait et qu'on propose», a-t-elle dit, à propos de la nécessaire neutralité religieuse de l'État.

Dans sa démarche, le gouvernement a reçu mercredi l'appui du Syndicat des fonctionnaires de l'État (SFPQ), qui représente quelque 42 000 employés du secteur public et du secteur parapublic.

En point de presse, la présidente du syndicat, Lucie Martineau, s'est réjouie de voir le gouvernement s'engager «enfin» à fournir des balises devant servir à évaluer les demandes d'accommodement religieux.

Le syndicat appuie aussi l'idée d'interdire aux fonctionnaires de porter des signes religieux, ce qui s'inscrit en droite ligne, selon lui, avec l'interdiction qui leur est faite d'afficher leurs allégeances politiques. Cela fait partie du devoir de réserve imposé aux employés de l'État, selon elle.

«Notre logique est la même. Notre obligation de réserve sur nos opinions politiques, on veut qu'elle s'étende sur nos opinions religieuses», a-t-elle fait valoir.

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