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La SQ ordonne une enquête sur les fuites au sujet du projet Diligence

11/09/2013 12:11 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - La Sûreté du Québec (SQ) fera enquête sur les allégations de fuites à la suite d'articles de journaux portant sur des écoutes électroniques menées dans le cadre du projet Diligence.

Le directeur général de la SQ, Mario Laprise, a ordonnée mardi soir, la tenue de cette enquête à la suite de discussions avec le ministère de la Sécurité publique et d'une analyse à l'interne, indique un communiqué de presse du corps policier publié tard en soirée.

L'enquête a été confiée à la direction des normes professionnelles de la SQ.

La SQ ne publiera aucun autre commentaire à ce sujet avant la conclusion de l'enquête, ajoute-t-on dans le communiqué.

Plus tôt, mardi, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, s'était dit victime d'un coulage d'informations illégal et «inacceptable» et avait exhorté le ministre de la Sécurité publique à ouvrir une enquête sur l'origine de ces fuites.

Dans une lettre transmise au ministre Stéphane Bergeron, le leader syndical a soutenu que les fuites concernant la surveillance électronique et la filature dont il a fait l'objet ne peuvent provenir que de deux sources: la Sûreté du Québec (SQ) ou la Commission d'enquête sur l'industrie de la construction (CEIC).

Michel Arsenault est convaincu que des enquêteurs de la police provinciale ont refilé les renseignements aux médias, lesquels se livrent, selon lui, à une campagne de dénigrement.

«C'est évident que ça vient de sources policières», a tranché Jean Laverdière, porte-parole de la FTQ, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Est-ce que d'ex-enquêteurs de la Sûreté du Québec maintenant recyclés à la CEIC (auraient pu être) tentés de commettre ce genre de crime? Je ne le sais pas», a-t-il dit.

Au cours des derniers jours, certains médias ont rapporté des informations qui, selon le dirigeant du plus important syndicat au Québec, «émanent de manière certaine» des rapports d'enquête portant sur la surveillance dont il a fait l'objet.

Michel Arsenault reconnaît avoir été surveillé par la police provinciale dans le cadre d'une opération baptisée Projet Diligence entre septembre 2008 et 2009.

Mais la divulgation et l'utilisation non autorisée de la surveillance électronique sont une infraction criminelle, a-t-il plaidé dans la missive qu'il a envoyée au ministre Bergeron.

«Qu'il s'agisse de la surveillance d'une personne publique ou non, les citoyens sont en droit de s'attendre à ce que cette intrusion exceptionnelle dans leur vie privée soit utilisée à bon escient et en stricte conformité avec les exigences de la loi», peut-on lire dans la lettre datée de mardi.

Aucune accusation n'a été portée contre le leader syndical, a tenu à préciser le porte-parole de la FTQ.

«Il ne faut pas l'oublier non plus, ces rapports d'enquête-là ont été soumis à des procureurs qui, à deux reprises, ont conclu qu'il n'y avait pas matière à porter des accusations», a dit Jean Laverdière au nom de Michel Arsenault, qui n'a voulu faire aucun commentaire sur le sujet en attendant la décision de Stéphane Bergeron.

Au cours des prochaines semaines, les travaux de la CEIC devraient s'intéresser aux liens entre les syndicats de la construction et le crime organisé.

Michel Arsenault pourrait être appelé à y témoigner.

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