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La charte des valeurs et les entreprises

11/09/2013 07:46 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST

Le projet de charte des valeurs québécoise, présentée mardi par le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, qui vise à établir la neutralité religieuse de l'État québécois et à baliser les demandes d'accommodements, pourrait avoir peu d'impacts pour les entreprises privées, mais peut-être davantage pour les travailleurs immigrants.

En entrevue à RDI économie, le professeur à HEC Montréal Sébastien Arcand, spécialisé dans la gestion de la diversité en entreprise, a expliqué que les accommodements raisonnables en milieu de travail sont déjà très bien encadrés par les lois et la jurisprudence. « Ça ne clarifiera pas et, en même temps, ça va plutôt stigmatiser des communautés particulières » qui vivent déjà, rappelle-t-il, des problèmes d'intégration au marché de l'emploi.

De son côté, la vice-présidente pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), Martine Hébert, précise que les accommodements raisonnables ne sont pas une problématique très présente pour les chefs d'entreprises. Les questions reçues à ce sujet sont « très très minimes » à la FCEI, explique sa vice-présidente pour le Québec.

En point de presse, le ministre Drainville a avancé que les balises proposées « vont aider l'intégration au marché de l'emploi de beaucoup de Néo-Québécois ». Il a cité l'exemple de Québécois d'origine magrébine. « Actuellement, les employeurs ont des craintes, a ajouté le ministre Drainville. Ils ne savent pas trop comment se gouverner en matière d'accommodement et on pense qu'en leur donnant ces balises-là, ce sera beaucoup plus facile ».

« On peut penser, à première vue, que le fait que d'avoir des balises un peu plus claires pour les chefs de PME, ça pourrait aider à clarifier certaines choses et, peut-être, encourager un peu plus l'embauche », indique Martine Hébert de la FCEI.

De son côté, le professeur Sébastien Arcand doute que la charte se traduise par une meilleure intégration des immigrants au marché du travail. « C'est plutôt l'inverse » qui risque de se produire, explique-t-il prenant l'exemple de femmes musulmanes qui souvent intègrent le marché du travail québécois dans les institutions publiques, comme les garderies publiques.

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