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Bloomberg assistera à sa dernière cérémonie du 11 septmbre à titre de maire

11/09/2013 12:41 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Lorsque la cérémonie de commémoration du 11 septembre aura lieu à l'endroit où sont survenues les attaques contre le World Trade Center, à New York, le maire qui a aidé à orchestrer ces tristes anniversaires depuis le début y assistera pour la dernière fois de son mandat. Et se taira.

Pendant ses années passées au poste de maire et de président du National Sept. 11 Memorial & Museum, Michael Bloomberg s'est parfois querellé avec les proches des victimes, des leaders religieux et d'autres responsables élus en lien avec un événement lourd en symbolisme et en émotions.

Son administration a toutefois largement atteint son objectif visant à garder les commémorations centrées sur les victimes des attaques et les familles, et sans relativement se faire du capital politique. Dans cette perspective, aucun politicien — pas même le maire — n'a pu s'exprimer lors de l'événement de l'an dernier, et il en sera de même cette année.

Les organisateurs du mémorial s'attendent à être les principaux responsables de la cérémonie de l'an prochain, et disent prévoir continuer de se concentrer sur les proches des victimes, et ce alors que le musée à venir créera un nouveau cadre plus vaste pour se rappeler des attaques terroristes.

«Au fur et à mesure que les choses évolueront à l'avenir, l'aspect principal de la commémoration demeurera sacro-saint», a déclaré Joe Daniels, le président du mémorial.

Lors de la cérémonie de mercredi, sur la place du mémorial inaugurée en 2011, les proches liront à nouveau les noms des quelque 3000 personnes décédées lorsque des avions détournés se sont écrasés contre les deux tours du World Trade Center, au Pentagone, et dans un champ près de Shanksville, en Pennsylvanie. Des lecteurs réciteront également les noms des victimes de l'attentat contre le WTC, en 1993.

Au Mémorial national du vol 93 à Shanksville, où la cérémonie de mercredi comprendra entre autres le dépôt de gerbes de fleurs, des responsables se sont rassemblés mardi pour marquer le début de la construction d'un centre pour visiteurs. Le Pentagone prévoit quant à lui une cérémonie matinale, mercredi, pour les proches des victimes et les survivants des attaques; le secrétaire de la Défense Chuck Hagel et d'autres responsables prononceront entre autres des allocutions.

Décider de quelle façon marquer le premier anniversaire du pire attentat terroriste de l'histoire américaine a été une tâche délicate pour Michael Bloomberg, élu maire de New York en novembre 2001.

Des responsables prévoyaient une cérémonie commémorative pour des milliers de familles provenant de 90 pays, tout en donnant le ton pour la façon dont le public se rappellera du 11 septembre.

«C'était là le défi que nous affrontions, et il était énorme», se rappelle Jonathan Greenspun, qui faisait alors partie de l'unité des affaires communautaires de M. Bloomberg, et qui travaille désormais comme consultant politique. «Il y avait une reconnaissance, par le maire, du fait que la cérémonie devait transcender les cérémonies habituelles et les considérations politiques qui y sont parfois associées.»

Des responsables ont alors recueilli environ 4500 suggestions — y compris une parade sur Broadway honorant les intervenants d'urgence et une extinction de toutes les lumières de tout Manhattan pendant une minute — avant de concevoir un plan centré autour de la lecture des noms des victimes à Ground Zero.

«Notre intention est de tenir une journée de commémoration qui est simple et puissante», avait dit M. Bloomberg alors qu'il annonçait ses plans en 2002, en compagnie du gouverneur de l'État de New York de l'époque, George Pataki.

Avec les années, les relations entre le maire et les familles des disparus se sont envenimés.

En 2007, certains proches des victimes ont menacé de boycotter la cérémonie parce que celle-ci avait été déplacée au parc Zuccotti en raison des travaux de reconstruction sur le site du WTC.

Quatre ans plus tard, des pressions ont été exercées afin que davantage de politiciens et de personnalités religieuses soient invités. Et puis, M. Bloomberg a parlé de mettre fin à la lecture des noms des victimes, à la consternation de certaines familles.

L'an prochain, M. Bloomberg ne sera plus maire tandis que le musée commémoratif devrait être ouvert. Si le mémorial salue la mémoire des victimes, le musée veut dégager une plus grande perspective des événements du 9 septembre en rappelant aussi les expériences vécues par les survivants et les équipes de secours.

Toutefois, M. Daniels promet que l'attention se portera toujours sur les familles à l'occasion des anniversaires.

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