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Bernard Drainville ne voit pas de contradiction dans son projet de charte

11/09/2013 08:35 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST

Rejetant les accusations voulant que la charte proposée soit dirigée contre le multiculturalisme canadien et les musulmans, particulièrement les femmes musulmanes, le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, soutient que son projet n'est dirigé contre personne a priori, et qu'il ne vise qu'une fonction publique religieusement neutre.

Accusé par certains d'avoir présenté un projet incohérent, Bernard Drainville continue, mercredi, de défendre sa proposition de charte des valeurs québécoises, qui établit très clairement, selon lui, les principes d'un appareil gouvernemental laïque et démocratique.

Au sujet des femmes musulmanes qui seraient davantage touchées par son projet de charte, le ministre Drainville a fait remarquer sur les ondes de RDI qu'il ne fallait pas généraliser, que la majorité des femmes musulmanes ne portent pas le voile et ne sont par conséquent pas lésées par ce projet.

Quant à celles qui portent le voile, Bernard Drainville ajoute qu'il n'y a qu'au travail qu'on leur demanderait de le retirer et qu'elles sont libres de le porter le reste du temps.

La neutralité pour les fonctionnaires

En ce qui a trait au fait que les cinq propositions qu'il a présentées mardi n'interdisent pas aux députés de l'Assemblée nationale le port de « signes religieux facilement visibles » alors qu'il serait interdit aux fonctionnaires de l'État, Bernard Drainville a expliqué qu'il ne voit pas de contradiction dans ce principe dans la mesure où les députés qui arborent des signes religieux sont choisis démocratiquement tels qu'ils sont par les électeurs.

Les fonctionnaires au service de l'État n'étant pas des élus, le ministre estime qu'ils doivent nécessairement afficher une image de neutralité pour dispenser les services d'un État démocratique et laïque.

Le crucifix de l'Assemblée nationale : une partie de notre histoire

Sur la volonté de laisser le crucifix à l'Assemblée nationale du Québec, Bernard Drainville a expliqué qu'outre sa signification religieuse, le crucifix fait aussi partie de l'histoire du Québec, de sa symbolique, de sa culture, et qu'en ce sens, il a sa place à l'Assemblée nationale.

L'équité au centre de sa démarche

Bernard Drainville croit qu'un État neutre et des règles qui encadrent les accommodements sont la meilleure façon de garantir à tous le respect des principes religieux, dans la mesure où l'appareil d'État traite tous les citoyens également et surtout équitablement.

Pauline Marois appelle au dialogue

Lors de sa première réaction depuis la présentation du projet de charte des valeurs de son gouvernement, la première ministre Pauline Marois a parlé d'une proposition équilibrée dont elle est fière, et invite maintenant les Québécois au dialogue.

Par ailleurs, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a affirmé qu'il ne craint pas une désaffectation des travailleurs touchés par l'interdiction du port des signes religieux. « On a vu les mêmes réactions lors de la loi 101 et l'exode qui était anticipé n'a pas été celui qu'on a vécu », a rappelé Réjean Hébert.

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