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Syrie : la réunion du Conseil de sécurité est annulée

10/09/2013 07:09 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST
AP
FILE - In this Monday, July 5, 2010 file photo, Syrian President Bashar Assad adjusts his earpiece during a joint news conference with Spain's Prime Minister Jose Luis Rodriguez Zapatero, unseen, at the Moncloa Palace in Madrid. In the eyes of many, Assad is a murderous autocrat who would do anything to cling to power. But for his supporters, he is a nationalist hero fighting Western imperialism, a stabilizing presence who ensures a secular rule in a turbulent region wracked by sectarian wars. (AP Photo/Paul White, File)

La réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU qui devait se tenir à 16 h, à la demande de la Russie, et qui devait être consacrée à la proposition russe de placer l'arsenal chimique syrien sous supervision internationale a été annulée, en raison du retrait de la demande russe.

Dans un projet de résolution devant accompagner le plan de supervision, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne tiennent à ce que le régime du président Bachar Al-Assad soit désigné comme responsable de l'attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas, ce que les Russes, pas convaincus de cette culpabilité, jugent « inacceptable ».

Dans la journée, la Russie avait annoncé qu'elle considère la proposition de résolution de la France « inacceptable ». Celle-ci prévoit des conséquences « extrêmement sérieuses » en cas de violation par la Syrie des conditions du contrôle des armes.

Par ailleurs, le secrétaire d'État américain John Kerry va rencontrer jeudi son homologue russe Sergueï Lavrov à Genève en Suisse pour évoquer la situation en Syrie.

Les deux hommes ont eu un entretien téléphonique dans la journée lors duquel le chef de la diplomatie russe a fait savoir qu'il transmettrait dans la journée de mardi les modalités du plan russe destiné à placer sous supervision internationale les armes chimiques syriennes.

D'attaques imminentes à « un vaste éventail de réponses »

Plus tôt dans la journée, le président américain Barack Obama, son homologue français François Hollande et le premier ministre britannique David Cameron ont eu une communication téléphonique mardi au cours de laquelle ils ont tous marqué leur préférence pour une solution diplomatique, selon la Maison-Blanche.

Les trois dirigeants sont toutefois d'accord pour continuer à envisager « un vaste éventail de réponses » à l'utilisation des armes chimiques en Syrie.

La Syrie s'engage à se joindre à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques

Après avoir accepté que ses armes chimiques soient sous une supervision internationale, le gouvernement syrien a annoncé mardi qu'il est prêt à « se joindre à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques »

« Nous voulons nous joindre à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Nous allons respecter nos engagements dans le cadre de cette convention, y compris en donnant des informations sur ces armes », a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.

« Notre adhésion à l'initiative russe traduit notre volonté de ne plus posséder d'armes chimiques », a-t-il déclaré.

Damas accepte la proposition de son allié russe

Le gouvernement de Bachar Al-Assad a accepté mardi de placer son arsenal chimique sous le contrôle des autorités internationales, comme le lui a proposé lundi le gouvernement de la Russie.

La réponse officielle du gouvernement syrien à cette proposition qui pourrait permettre d'éviter des frappes occidentales a été relayée mardi par l'agence de presse russe Interfax.

« Nous avons eu hier [lundi] un cycle de discussions très fructueuses avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a proposé une initiative relative aux armes chimiques. Et, dans la soirée, nous nous sommes entendus sur l'initiative russe. » — Walid Al-Mouallem, ministre des Affaires étrangères de la Syrie.

Le gouvernement syrien a rapidement donné son aval à la proposition de Moscou de placer ses stocks d'armes chimiques sous supervision internationale pour être détruits, ce qui rendrait « caduque toute justification à une agression américaine ».

Cette « solution russe » a été lancée lundi à la suite d'une conférence de presse, à Londres, du secrétaire d'État américain, John Kerry, au cours de laquelle il a déclaré qu'il serait possible pour Damas d'éviter des représailles militaires si le régime acceptait de placer tout son arsenal sous contrôle international. Le secrétaire d'État avait même ajouté qu'il fondait peu d'espoir sur ce scénario étant donné l'intransigeance de Damas par le passé sur la question du contrôle des armes chimiques.

La Maison-Blanche prudente

À Washington, le président américain Barack Obama a qualifié l'offre de « potentiellement positive » à la veille d'un important discours à la nation en soirée, devant un Congrès divisé à l'idée de s'engager dans un nouveau conflit au Moyen-Orient.

« À partir du moment où il s'agit d'une proposition qui contribue à améliorer la situation actuellement tendue en Syrie, elle participe au maintien de la paix et de la stabilité en Syrie et à un règlement politique », a déclaré mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, précisant qu'une délégation de l'opposition syrienne était actuellement à Pékin, sans préciser exactement sa composition.

À Paris, on accueille cette proposition comme une concession soutirée à Moscou. La Russie s'offre « une porte de sortie » en proposant de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international, a déclaré mardi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, en ajoutant que la « fermeté » des Occidentaux avait « payé ».

La Chine et l'Iran en renfort

Deux grands alliés de la Syrie, la Chine et l'Iran, ont aussi apporté leur appui à la proposition de Moscou. La Chine et l'Iran s'opposent farouchement à des frappes ciblées contre le régime de Bachar Al-Assad afin de punir celui-ci pour l'attaque au gaz perpétrée le mois dernier près de Damas. Attaque qui lui est attribuée par les États-Unis et leurs alliés.

Soucieuse d'apparaître comme neutre dans le conflit syrien, la Chine a dans le passé accueilli des délégations des deux camps. Or, depuis plus de deux ans, la Chine oppose une fin de non-recevoir aux appels internationaux à exercer davantage de pression sur le régime de Bachar Al-Assad, usant de son veto au Conseil de sécurité des Nations unies.

L'appui indéfectible de Téhéran

L'Iran aussi accueille favorablement l'initiative de la Russie pour mettre sous contrôle international les armes chimiques de la Syrie, a déclaré mardi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Marzieh Afgham, lors de son point de presse hebdomadaire.

« Nous voulons que notre région soit débarrassée de toutes les armes de destruction massive [...] Ces efforts doivent aussi viser les armes chimiques dont disposent les groupes rebelles syriens », a-t-elle ajouté.

Principal soutien régional de la Syrie, l'Iran accuse « les groupes terroristes » d'avoir utilisé des armes chimiques et non le gouvernement du président Bachar Al-Assad.

Par ailleurs, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a indiqué que son pays a eu un échange épistolaire avec les États-Unis au sujet du conflit syrien, précisant qu'il n'y aura pas pour le moment de discussion directe entre Washington et Téhéran.

M. Zarif a dit espérer que les États-Unis prendront en compte les mises en garde des Iraniens et éviteront une nouvelle guerre dans la région.

L'opposition syrienne redoute un recul d'Obama

De son côté, la Coalition de l'opposition syrienne a dénoncé comme une « manoeuvre politique » l'initiative russe.

Selon elle, « la violation de la loi internationale nécessite une riposte internationale appropriée », un appel indirect à l'administration de Barack Obama à ne pas abandonner ses projets de frappes contre le régime syrien.

Signe des tergiversations américaines, un premier vote au Sénat, qui devait avoir lieu mercredi, a été reporté, a annoncé lundi le chef de la majorité démocrate, Harry Reid. La Chambre des représentants doit aussi se prononcer sur la question.

Considéré comme l'un des plus importants du monde, l'arsenal chimique syrien est estimé à « plus de 1000 tonnes ». Sa neutralisation, si elle était actée, pourrait s'avérer extrêmement délicate sur le terrain, en plein milieu d'une guerre civile qui a déjà fait plus de 100 000 morts et 2 millions de réfugiés.

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