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Oléoduc de TransCanada : des retombées de 35,3 G$

10/09/2013 08:24 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

L'entreprise albertaine TransCanada, qui a confirmé le mois passé son intention de construire un oléoduc pour transporter du pétrole de l'Ouest canadien jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, a rendu public mardi un rapport qu'elle a commandé sur les impacts économiques de son projet.

D'après les estimations de la firme Deloitte, l'investissement de 12 milliards de dollars devrait se traduire par des retombées de 35,3 milliards de dollars au pays sur une période de 46 ans, surtout en Ontario et en Alberta.

Les retombées économiques pour le Québec sont évaluées à 3,1 milliards de dollars pour la phase de conception et de construction, soit une période six ans, et de 3,2 milliards pour la période d'exploitation, pendant 40 ans, pour un total de 6,35 milliards de dollars.

Si le projet Oléoduc Énergie Est se concrétise, la conception des plans se traduirait par la création de 2342 emplois directs au pays, avance le rapport de Deloitte, dont 837 emplois au Québec pendant trois ans. La province devrait aussi profiter de la phase de construction, également de trois ans, avec 2764 emplois directs pour un total de 7729 à la grandeur du Canada durant cette période.

Après les travaux de conception et de construction, l'exploitation de l'oléoduc, pendant 40 ans, devrait se traduire par 203 emplois directs au Québec et 162 emplois indirects; l'Alberta profitant pour sa part de 418 emplois directs et 200 emplois indirects. De son côté, l'Ontario bénéficierait durant cette période de 181 emplois directs et 1086 emplois indirects.

Le projet de TransCanada vise à transporter du pétrole brut depuis l'Alberta et la Saskatchewan vers Montréal, la région de Québec et Saint-Jean. L'entreprise devrait demander les autorisations nécessaires au début de l'an prochain et vise de premières livraisons de pétrole au Québec à la fin de 2017 et l'année suivante pour le Nouveau-Brunswick.

Projet sujet à polémique

Selon le président et chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, le projet de son entreprise ne fait pas l'unanimité, notamment au Québec, où certaines communautés s'inquiètent du tracé de l'oléoduc ainsi que des risques de déversement.

« C'est certain qu'un des bénéfices [du projet] se situe sur le plan économique. Toutefois, la gestion des autres dossiers, comme celui des propriétaires [de terrains où pourrait passer l'oléoduc] dictera du genre d'appui que nous allons recevoir », a indiqué M. Girling.

Russ Girling a également écarté la possibilité de dévier le trajet de l'oléoduc pour contourner le Québec par le Maine si le gouvernement Marois s'oppose farouchement au projet.

Par ailleurs, convaincus des retombées positives de leur projet, les représentants de l'entreprise se sont très peu attardés aux résultats de certaines études qui mettent en doute la pertinence d'acheminer du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers l'est du Canada.

« À l'époque, il y avait plusieurs raffineries au Québec, plus qu'aujourd'hui. La possibilité de s'approvisionner en pétrole de l'Ouest canadien pourrait assurer leur viabilité à long terme », a rappelé John Van der Put, le vice-président de TransCanada pour les projets d'oléoduc. M. Van der Put a formulé ce commentaire au lendemain de la publication d'une note économique à ce sujet publiée par deux chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques.

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