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L'Ordre des ingénieurs dépose 20 plaintes disciplinaires contre cinq ingénieurs

10/09/2013 12:46 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Le Bureau du syndic de l'Ordre des ingénieurs a déposé 20 plaintes disciplinaires contre cinq ingénieurs impliqués dans des activités de corruption ou de collusion, a annoncé l'ordre mardi.

Robert Marcil, Luc Leclerc et Gilles Vézina, qui ont tous comparu devant la Commission Charbonneau, devront faire face au Conseil de discipline de l'ordre d'ici quelques semaines.

Deux autres ingénieurs, Claudio Balliana et André Lebeuf, sont également concernés et devront eux aussi se présenter devant le conseil disciplinaire.

Les cinq ingénieurs sont soupçonnés d'avoir enfreint le Code des professions et le Code déontologique de l'ordre.

Tous auraient manqué d'intégrité, usé de procédés malhonnêtes, accepté des avantages indus, été en situation de conflit d'intérêts et fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la population.

Ils pourraient, en vertu des sanctions prévues au Code des professions, être radiés de l'ordre de façon permanente ou encore se voir révoquer leur permis d'exercice. L'affaire pourrait également, à l'issue des audiences du conseil, être transférée devant le tribunal des professions.

Par ailleurs, le Bureau du syndic prévoit faire d'autres annonces de ce genre d'ici peu, compte tenu de la centaine d'enquêtes en cours sur des allégations de corruption et de collusion visant des ingénieurs. Quelque 350 autres enquêtes sont également ouvertes dans des dossiers de contribution politique illégale.

«Vous en verrez régulièrement. L'ensemble des dossiers qui ont défilé à la Commission Charbonneau, mais pas que là... Écoutez, on commence, donc on en aura d'autres à présenter bientôt, c'est certain», a expliqué, mardi, le président de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Daniel Lebel.

La plupart de ces plaintes sont liées à la Commission Charbonneau, a précisé l'organisation dans un communiqué.

Si le Bureau du syndic a dû mener ses propres enquêtes en lien avec certains témoignages de la commission, de nouvelles informations exclusives ont été obtenues pendant ses investigations, permettant ainsi le dépôt d'accusations contre des ingénieurs qui n'y avaient pas témoigné.

«C'est certain que plus de dossiers sont apparus depuis les travaux de la Commission Charbonneau, et cela dépassait le travail qu'un ordre professionnel pouvait faire à lui seul. Mais notre travail n'a pas commencé avec la commission, le bureau du syndic fait son boulot», a affirmé M. Lebel.

En février, lors du passage à la commission de Robert Marcil, ex-directeur des travaux publics à la Ville de Montréal, la juge France Charbonneau avait remis en question son éthique, lui demandant s'il avait été «imbécile et incompétent» pendant ses années à la municipalité.

M. Marcil a parfois siégé à certains comités de sélection de la Ville, alors qu'il avait au moins un bon ami au sein d'une firme de génie-conseil qui pouvait soumissionner pour obtenir des mandats de la Ville. Il avait reconnu ne pas avoir avisé son employeur d'un risque de conflit d'intérêts.

Luc Leclerc, ingénieur à la retraite de la Ville de Montréal, avait de son côté admis à la Commission Charbonneau avoir accepté des pots-de-vin de la part d’entrepreneurs en construction, dont un total d'environ 500 000 $ comptant.

Quant à son ancien supérieur, Gilles Vézina, il a affirmé devant la commission avoir repoussé les offres de services d'une escorte par deux entrepreneurs en construction. Il a également déclaré sous serment qu'il n'avait «jamais» reçu d'argent comptant de la part des entrepreneurs.

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