POLITIQUE

Caucus du NPD: pas de changement de stratégie en vue des élections 2015

10/09/2013 02:07 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST
CP

SASKATOON - Justin Trudeau caracole peut-être en tête des sondages, mais sur le terrain, les néo-démocrates assurent qu'ils font excellente figure. Résultat: l'heure n'est pas à un changement de cap à deux ans des élections, mais bien à la continuité.

Les députés du Nouveau Parti démocratique sont réunis en caucus à Saskatoon jusqu'à mercredi pour préparer la rentrée parlementaire, mais aussi fourbir leurs armes en vue du prochain scrutin fédéral.

Et même si les coups de sonde lancés à travers le pays sont grandement favorables au chef libéral Justin Trudeau, les néo-démocrates assurent ne pas s'en faire pour autant.

«On a plus que deux ans jusqu'aux prochaines élections. Le même travail ardu qui m'a vu parcourir, sillonner le Québec avec Jack Layton pendant cinq ans, avec (un) message positif et (un) message d'espoir, est exactement le travail que nous allons faire d'ici aux prochaines élections», a insisté Thomas Mulcair en point de presse.

Le chef néo-démocrate répète qu'il avait prédit la lune de miel des Canadiens pour Justin Trudeau. Pas question de remettre en question son plan de travail pour si peu, en quelque sorte. «On sait ce qu'on a à faire: travailler fort, sur le terrain, sept jours sur sept, 18 heures par jour à travers le pays.» Les 100 députés néo-démocrates avaient d'ailleurs pour objectif de frapper à la porte de 3000 électeurs de leur circonscription au cours de l'été, dans un effort en vue d'une réélection.

Depuis l'élection de M. Trudeau à la tête des libéraux fédéraux, les néo-démocrates sont relégués au troisième rang dans les sondages portant sur les intentions de vote. Après avoir ignoré son adversaire libéral pour un temps, M. Mulcair semble désormais vouloir en découdre avec lui plus directement, tout en continuant à critiquer principalement le gouvernement conservateur.

En point de presse mardi, il a exclu envisager des attaques personnelles à l'endroit de MM. Trudeau et Harper au moyen de publicités négatives, mais il a signalé qu'il ne se gênera pas pour s'en prendre à leurs idées ou rappeler des incidents moins reluisant de l'histoire de leur parti.

Aux yeux du député montréalais Alexandre Boulerice, le NPD se positionne avantageusement dans la lutte à trois qui se dessine entre les troupes de Thomas Mulcair, celles de Justin Trudeau et celles de Stephen Harper. «Je pense que ça va être beaucoup plus chaud qu'on le croit dans deux ans pour les prochaines élections», a noté l'élu de Rosemont-la-Petite-Patrie.

Parmi les députés interrogés en marge du caucus, tous affirment que leur formation politique est sur la bonne voie, et qu'un changement de stratégie n'est pas nécessaire.

«On continue de porter notre message et les Canadiens vont finir par l'entendre», a résumé la députée de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Laverdière.

Sa collègue Nycole Turmel ne croit pas non plus qu'il faille paniquer devant la popularité de M. Trudeau. «Non, ça ne m'inquiète pas. Ce que nous faisons au Québec en ce moment: nous faisons du porte-à-porte, nous rencontrons des gens. Tout est positif, les gens sont contents de ce que nous faisons», a-t-elle expliqué.

Visibilité et organisation

Au NPD, il faut par contre mener de front la guerre de la visibilité — du chef, méconnu particulièrement à l'extérieur du Québec — mais aussi des députés. Ainsi, M. Boulerice et d'autres de ses collègues ont par exemple sillonné le pays cet été pour tenter de se faire connaître en dehors de leur circonscription.

«Tout ça va s'accélérer, en même temps qu'on est en train de bâtir notre machine électorale, qu'on améliore nos outils de financement, qu'on améliore nos bases de données pour être capables de faire passer notre message et être prêts à livrer une lutte à armes égales avec les conservateurs et les libéraux dans deux ans», a soutenu M. Boulerice.

La députée d'Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, a effectué elle aussi une tournée cet été, portant dans son cas sur le logement social, et sa collègue Charmaine Borg a voyagé pour parler des enjeux numériques. L'idée est d'occuper l'espace médiatique, mais aussi de diversifier les visages mis de l'avant, a-t-on confié au parti. On souhaite véhiculer le message que l'équipe autour de M. Mulcair est forte, avec plusieurs têtes possiblement ministrables.

Le NPD s'affairera très prochainement à recruter de nouveaux candidats, alors que les nouvelles limites des circonscriptions électorales seront bientôt dévoilées. Le parti prévoit que le redécoupage en Saskatchewan — où il ne possède actuellement aucun siège, bien que ce soit la province qui l'ait vu naître — lui sera favorable.

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