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Une charte de la laïcité affichée dans les écoles françaises

09/09/2013 07:37 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST

Une « charte de la laïcité » sera désormais affichée dans tous les établissements scolaires publics en France pour rappeler notamment aux élèves l'interdiction de porter tout signe religieux ostensible ou de s'opposer à un enseignement au nom de leurs convictions religieuses.

Ce rappel au droit, décliné en 15 articles, souligne en préambule que « la Nation confie à l'École la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République », sur les fondements de la Constitution, de la Déclaration des droits de l'homme et de la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État.

« Pour certains enfants aujourd'hui, la laïcité c'est d'abord un interdit, c'est une menace, alors que c'est exactement l'inverse », a déclaré Vincent Peillon sur BFM TV et RMC Info.

« Dans notre tradition, c'est ce qui va permettre à chacun de construire sa propre liberté dans le respect de celle des autres », a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Éducation devait présenter lundi matin la Charte dans un lycée de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) en présence notamment du président de l'Assemblée Claude Bartolone et de l'ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter.

L'article 6 de la Charte dispose que « la laïcité de l'École offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l'apprentissage de la
citoyenneté ».

« Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcherait de faire leur propre choix », est-il écrit.

Il est également stipulé que la laïcité implique « le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations », et « garantit l'égalité entre les filles et les garçons ».

« Un regard oblique sur l'islam », selon Boubakeur

« Aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique », affirme la Charte, en référence aux débats dans certains établissements sur les cours relatifs à la reproduction, à la théorie de l'évolution ou aux religions.

Le texte ajoute qu'« aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme ».

L'article 13 précise que « nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer » aux règles de l'école. L'article 14 rappelle que « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » est interdit, en vertu d'une loi promulguée en 2004.

Les directeurs d'établissement devront afficher la Charte cette semaine en un lieu « visible de tous », de préférence lors d'une cérémonie « solennelle », déclare le ministère. Des recommandations pédagogiques ont été transmises aux enseignants pour qu'ils expliquent les principes, souvent abstraits, du document.

Les personnels et représentants des parents d'élèves ont d'ores et déjà exprimé le regret que le document n'aborde pas les questions pratiques liées au respect de la laïcité, comme les menus à la cantine ou les célébrations de fêtes religieuses (Noël, par exemple).

Au sein de la communauté religieuse, le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, estime que ce texte vise l'islam et porte « un regard oblique » sur la religion musulmane. Dans Le Journal du Dimanche, il dit craindre que les musulmans de France ne se sentent « stigmatisés dans leur ensemble ».

« Il aurait profondément tort. La laïcité ne s'adresse à aucune religion en particulier puisque précisément elle les met toutes sur un pied d'égalité », a réagi Vincent Peillon.

« À l'école de la République, on ne reçoit pas des petits musulmans, des petits juifs, des petits protestants, des petits agnostiques, on reçoit des élèves de la République ».

Reuters

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