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Intervention en Syrie: le Sénat américain repousse son premier vote

09/09/2013 07:26 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Le Sénat américain retardera un vote clé sur l'autorisation de frappes militaires contre la Syrie.

Le leader de la majorité au Sénat, Harry Reid, a déclaré qu'il ne serait pas avantageux de tenir ce vote alors que des discussions internationales se poursuivent à propos de l'utilisation d'armes chimiques par Damas.

Selon M. Reid, il n'est pas important de «voir à quel point on peut effectuer cela rapidement», avant d'ajouter qu'on «doit déterminer de quelle façon on peut faire le tout correctement».

La décision de M. Reid, lundi, survient alors que les voix opposées à une intervention américaine en Syrie se font de plus en plus entendre au Sénat.

M. Reid, un démocrate du Nevada, prévoyait tout d'abord un vote de la Chambre haute mercredi. Cet échéancier ne tient désormais plus.

Par ailleurs, le président Barack Obama dit s'être entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine à propos d'un éventuel plan pour que la Syrie fasse passer son arsenal d'armes chimiques sous contrôle international.

Damas avait favorablement accueilli, lundi, cette idée voulant que ses armes chimiques tombent sous le contrôle de la communauté internationale, avec leur destruction à la clé, afin d'éviter des frappes américaines. Cette proposition publiquement mentionnée par la Russie fait suite à ce qui semblait être une remarque involontaire du secrétaire d'État américain John Kerry. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appuie lui aussi cette idée.

M. Obama a déclaré sur les ondes de l'émission «NewsHour», du réseau PBS, que M. Poutine et lui-même en avaient discuté la semaine dernière lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, en Russie. Les deux présidents ont échangé pendant une vingtaine de minutes.

Selon le président Obama, il s'agit de la suite de précédentes conversations tenues avec le chef du Kremlin à propos de la sécurisation des armes chimiques syriennes.

Lors d'une autre entrevue, cette fois sur les ondes de NBC News, M. Obama est même allé jusqu'à parler d'une percée potentielle si Damas allait de l'avant avec cette idée. Il disait toutefois demeurer sceptique quant à la réelle volonté de Damas de remettre ses armes chimiques, affirmant ainsi prendre la déclaration du gouvernement syrien «avec un grain de sel». Il a toutefois souligné qu'il préférerait une solution diplomatique à une attaque militaire, et a qualifié le tout de «développement potentiellement positif».

Plus tôt dans la journée, la Maison-Blanche a affirmé que 14 pays supplémentaires ont cosigné une déclaration blâmant le gouvernement du président syrien Bachar el-Assad pour l'attaque à l'arme chimique du mois d'août et réclamant une forte réponse internationale.

Cela signifie que la liste passe de 11 à 25 signataires, y compris les États-Unis. Cette déclaration a été dévoilée vendredi lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Parmi les nouveaux pays annonçant leur appui figurent l'Allemagne, le Danemark, le Maroc, le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Estonie, la Croatie, la Hongrie, le Kosovo, le Honduras, la Roumanie, la Lettonie, l'Albanie et la Lituanie.

La déclaration ne réclame pas explicitement d'intervention militaire contre la Syrie, ce que préconise le président américain Barack Obama. Des responsables de son administration soutiennent toutefois qu'il s'agit d'un appui implicite, puisque les États-Unis discutent publiquement d'une telle action armée.

Le président Obama doit s'adresser à la nation sur la question syrienne, mardi.

Au Congrès, malgré l'appui public des leaders des deux principaux partis en faveur des frappes, près de la moitié des 433 membres actuels de la Chambre des représentants et un tiers des 100 sénateurs sont toujours indécis, selon un coup de sonde de l'Associated Press.

Des sondages effectués au sein de la population américaine révèlent que plusieurs sont sceptiques quant à une intervention militaire en Syrie, et ce même chez ceux étant persuadés que le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques contre son peuple.

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