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Égypte: l'armée poursuit ses frappes dans le Sinaï pour la troisième journée

09/09/2013 01:32 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST

EL-ARISH, Égypte - Des troupes et des chars égyptiens, soutenus par des hélicoptères, ont mené des raids lundi sur des villages du nord de la péninsule du Sinaï, près de la frontière avec la bande de Gaza, lors de la troisième journée d'une importante offensive contre de présumés extrémistes, a annoncé un responsable militaire.

La veille, un groupe extrémiste inspiré d'Al-Qaïda a apparemment revendiqué la responsabilité de la tentative d'assassinat contre le ministre de l'Intérieur, la semaine dernière, décrivant l'attaque au Caire comme une mission «suicide» menée avec un véhicule piégé.

Si la revendication du groupe Ansar Jérusalem, faite sur des sites Web islamistes, se confirme, ce sera la première fois que des extrémistes du Sinaï transportent leur combat au coeur de la capitale égyptienne, avec un attentat-suicide.

Des installations touristiques situées le long de la côte sud du Sinaï, une région désertique et rocailleuse, ont été ciblées par une série d'attentats milieu des années 2000, qui ont fait au moins 125 morts, en plus d'entraîner l'arrestation et la détention de milliers de Bédouins du Sinaï.

Le coup de force a aggravé les relations entre les résidants de la région et le gouvernement central, intensifiant le sentiment d'injustice des Bédouins et transformant le nord de la péninsule en incubateur pour l'extrémisme islamiste.

Tout comme Ansar Jérusalem, d'autres groupes d'inspiration terroriste basés au Sinaï ont été blâmés pour la multiplication des attaques contre l'armée et la police dans le nord de la péninsule, depuis le coup d'État militaire contre l'ancien président islamiste Mohammed Morsi, le 3 juillet.

Dans une déclaration publiée dimanche soir, Ansar Jérusalem affirme avoir mené l'attaque contre le convoi du ministre de l'Intérieur, le général Mohammed Ibrahim, pour venger les musulmans tués par les forces de sécurité lors du violent démantèlement de deux camps de manifestants pro-Morsi, le 14 août au Caire.

L'événement a fait plusieurs centaines de morts, un bilan sans précédent. Le démantèlement des camps a également déclenché une vague de révolte à travers le pays, les pro-Morsi s'en prenant à des églises et à des postes de police.

«Le ministre de l'Intérieur, le boucher, a vu la mort de ses propres yeux lors d'une opération martyr menée par l'un des lions de l'Égypte», mentionne la déclaration.« Ce qui est à prévoir est bien pire.»

Les extrémistes ont également annoncé leur intention de s'en prendre au chef de l'armée, le général Abdel-Fatah el-Sissi, qui a mené le coup d'État contre M. Morsi après que des millions de personnes furent descendues dans les rues pour réclamer son départ pour abus de pouvoir.

Dans le Sinaï, les communications étaient brouillées et Internet ne fonctionnait plus, lundi, alors que l'armée reprenait ses frappes contre de présumés repaires d'extrémistes dans la ville de Rafah, selon le responsable militaire.

L'opération a jusqu'à maintenant permis d'abattre 20 extrémistes et d'en arrêter 20 autres, a indiqué le responsable. D'autres militants ont fui vers des villages côtiers ou ont tenté d'entrer dans la bande de Gaza par des tunnels souterrains, a-t-il dit.

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