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Syrie : Bachar Al-Assad se veut menaçant, Obama cherche des appuis

08/09/2013 09:11 EDT | Actualisé 08/11/2013 05:12 EST

Le président syrien, Bachar Al-Assad, fait planer le spectre d'une guerre régionale en cas d'attaque américaine contre la Syrie, alors que l'administration Obama mène une offensive tous azimuts pour convaincre la communauté internationale et l'opinion publique américaine du bien-fondé d'une intervention militaire.

Bachar Al-Assad a laissé entendre qu'une attaque contre son pays risquait d'entraîner une riposte de la part des alliés de la Syrie lors d'une entrevue avec le réseau américain CBS, dimanche. L'Iran, la Russie et le Hezbollah libanais sont les principaux alliés du régime syrien.

En entrevue à l'émission Face The Nation, il a toutefois indiqué qu'il était inquiet, car une attaque contre la Syrie affaiblirait son armée et pourrait changer le cours du conflit. Il a insisté pour dire qu'il n'avait pas utilisé d'armes chimiques contre sa population le 21 août dernier, contrairement à ce que pensent les États-Unis. Le président syrien estime qu'il n'existe aucune preuve tangible permettant de conclure qu'une telle attaque a eu lieu. « Il n'y a aucune preuve que j'ai utilisé l'arme chimique contre mon propre peuple », a-t-il indiqué.

Les États-Unis et la Ligue arabe sont sur la même longueur d'onde

Les États-Unis et les responsables de la Ligue arabe estiment que la crise syrienne ne peut être réglée avec une solution militaire, mais que Bachar Al-Assad doit être puni pour avoir utilisé des armes chimiques contre des civils, a fait savoir le secrétaire d'État américain, dimanche à Paris.
« Il n'y a pas de solution militaire », a expliqué M. Kerry lors d'une conférence de presse avec son homologue du Qatar, en marge d'une réunion de la Ligue arabe, dans la capitale française.

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Khalid bin Mohamed Al-Attiyah, a expliqué de son côté que son pays souhaitait aider les États-Unis de manière concrète dans le dossier syrien. « Le Qatar étudie présentement, avec ses amis et les États-Unis, ce qu'il peut fournir afin de protéger le peuple syrien », a indiqué le ministre, sans préciser si Doha comptait fournir une assistance militaire aux États-Unis, dans l'éventualité d'une frappe contre la Syrie.

Plus d'une dizaine de pays ont signé une déclaration commune accusant Bachar Al-Assad d'avoir eu recours à des armes chimiques, a expliqué M. Kerry. Les signataires appellent à une réponse ferme de la part de la communauté internationale, selon M. Kerry, qui a précisé que d'autres pays devraient signer la déclaration d'ici lundi. Toutefois, le document n'évoque pas de façon explicite la possibilité d'une attaque militaire contre la Syrie, indique le New York Times. M. Kerry a toutefois expliqué en conférence de presse que l'Arabie saoudite soutenait l'idée d'une « frappe », sans donner plus de détails, note le quotidien new-yorkais.

Les États-Unis vont aussi étudier la proposition française de revenir vers le Conseil de sécurité de l'ONU dans le dossier syrien, mais Barack Obama n'a pris aucune décision à ce sujet, a déclaré dimanche le secrétaire d'État. Les États-Unis et la Ligue arabe ont tenu à souligner qu'ils étaient « tous d'accord » pour dire que Bachar Al-Assad avait utilisé des armes chimiques contre des civils en banlieue de Damas, lors d'une attaque en août dernier. Le régime syrien a de fait franchi une « ligne rouge » et la communauté internationale se doit d'agir, a fait savoir M. Kerry.

Offensive pour convaincre les Américains et leurs représentants

Si les dirigeants de la Ligue arabe semblent déjà convaincus par les arguments de l'administration Obama dans le dossier syrien, le Congrès américain est divisé et l'opinion publique est plutôt sceptique. M. Obama et ses conseillers lancent une offensive pour les convaincre que Bachar Al-Assad a bel et bien utilisé des armes chimiques contre sa population et que les États-Unis se doivent d'agir.

Le chef de cabinet de M. Obama, Denis McDonough, doit donner cinq entrevues dimanche pour faire valoir le point de vue de la Maison-Blanche. M. McDonough aura aussi la tâche de rencontrer le caucus démocrate à la Chambre des représentants. Cette réunion pourrait être cruciale pour l'administration Obama, car le président Obama veut s'assurer d'avoir le soutien des élus démocrates, étant donné qu'un grand nombre de républicains de la Chambre des représentants sont farouchement opposés à l'idée d'une intervention militaire telle que l'envisage l'administration Obama.

De son côté, le vice-président Joe Biden a invité un groupe de sénateurs républicains à un souper, dimanche soir. Les conseillers du président Obama comptent appeler de nombreux membres du Congrès dans les jours à venir, afin de les convaincre qu'une frappe militaire contre la Syrie est nécessaire.

Le président Obama s'adressera aux Américains mardi soir.

Les récents sondages indiquent que les Américains ne sont pas convaincus de la nécessité d'une intervention militaire en Syrie, même parmi ceux qui croient que des armes chimiques ont bel et bien été utilisées en Syrie.

Le Congrès siégera à partir de mardi et la Syrie risque fort d'être au cœur des débats. Mercredi, les sénateurs devront se prononcer sur une résolution autorisant une « utilisation limitée et spécifique » des forces armées américaines contre la Syrie pour une durée inférieure à 90 jours.

La résolution écarte aussi la possibilité de l'envoi de troupes terrestres de combats en Syrie. Le vote final est attendu vers la fin de semaine prochaine.

La Chambre des représentants doit voter à ce sujet lors de la semaine du 16 septembre. Selon un décompte effectué par l'Associated Press, la moitié des 433 représentants et le tiers des 100 sénateurs sont encore indécis. Une séance d'information à huit-clos est prévue pour les membres du Congrès, mardi. La conseillère à la sécurité nationale du président américain, Susan Rice, est aussi mise à contribution. Elle parlera de la Syrie lors d'une allocution organisée par la New America Foundation.

Vidéos des victimes

Samedi, les responsables américains ont aussi distribué des images vidéo qui montrent des victimes de l'attaque du 21 août, selon eux. Les États-Unis accusent la Syrie d'avoir fait usage d'armes chimiques contre des civils, à plusieurs reprises, notamment le 21 août dernier, en banlieue de Damas. Les images ne sont pas nouvelles, elles avaient étaient mises en ligne sur les canaux YouTube de groupe qui soutiennent les rebelles syriens.

Les images sont particulièrement choquantes. On y voit notamment des enfants souffrants, allongés à même le sol, les yeux hagards. Selon les autorités américaines, ces images montrent que le régime de Bachar Al-Assad a fait usage d'armes chimiques contre des civils. Les sénateurs américains en avaient déjà pris connaissance la semaine dernière lors d'une réunion d'information.

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