NOUVELLES

Premier recours collectif de victimes de prêtres pédophiles au Québec

08/09/2013 03:58 EDT | Actualisé 08/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - C'est lundi que commencera au palais de justice de Québec le premier recours collectif de l'histoire de la province mené au nom de présumées victimes de prêtres pédophiles.

Les agressions auraient eu lieu au séminaire Saint-Alphonse, à Sainte-Anne-de-Beaupré, en banlieue de Québec, de 1960 à 1987.

Au nom des victimes, le requérant Frank Tremblay allègue que les membres de la congrégation se sont concertés ou ont comploté pour commettre ou cacher des agressions.

La cinquantaine de victimes qui se seraient manifestées réclament chacune 100 000 $ aux prêtres visés, au séminaire Saint-Alphonse, qui est depuis devenu le collège Saint-Alphonse, et à la congrégation du Très-Saint-Rédempteur.

Frank Tremblay demande quant à lui des dommages-intérêts de 750 000 $.

Cet ancien élève du séminaire Saint-Alphonse avait témoigné en juillet 2011 au procès du père Raymond-Marie Lavoie, qui était professeur et surveillant de dortoir, en affirmant que son bourreau et ses collègues étaient des «démolisseurs d'enfants».

Le père Lavoie avait plaidé coupable à 21 chefs d'accusation en lien avec des agressions sexuelles commises sur 13 pensionnaires. Il a écopé une peine de trois ans de prison.

Au cours de son procès, il avait affirmé avoir agi de son propre chef, sans se concerter ou comploter avec d'autres collègues, contrairement aux allégations des victimes.

Le directeur des communications de l'Association des victimes de prêtres, Carlo Tarini, déplore qu'aucune entente à l'amiable n'ait été conclue entre les différentes parties.

«Pour les victimes, c'est une deuxième injustice. Après la première injustice d'avoir été violés et d'avoir vu leur enfance volée par des prêtres pédophiles, maintenant, en tant qu'adulte, ils sont obligés de venir raconter ces gestes pour obtenir une indemnisation», rage-t-il.

Il aurait souhaité que la congrégation prenne l'initiative de contacter tous les anciens élèves du séminaire et qu'elle mette sur pied un programme pour soutenir toutes les victimes.

«C'est assez obtus et scandaleux de voir que des communautés religieuses utilisent l'argent qu'elles récoltent des chrétiens pour défrayer les honoraires des avocats pour défendre l'indéfendable», ajoute-t-il.

PLUS:pc