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Les partisans des Frères musulmans et de Morsi manifestent en Égypte

06/09/2013 08:38 EDT | Actualisé 06/11/2013 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Des milliers de partisans des Frères musulmans et du président égyptien déchu Mohammed Morsi ont défilé dans les rues du pays, vendredi, pour dénoncer le gouvernement appuyé par l'armée.

Les manifestants sont sortis des mosquées après les prières du vendredi, notamment dans les villes d'Ismailiya, de Suez, d'Assiout, d'Alexandrie et de la capitale, Le Caire. Ils agitaient le drapeau égyptien ou des images de M. Morsi, chassé du pouvoir le 3 juillet, et scandaient des slogans hostiles au gouvernement.

Dans le même temps, les autorités ont indiqué avoir interrogé le propriétaire de la voiture qui a servi à l'attentat de jeudi contre le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim. Le ministre, responsable des forces policières ayant mené la répression contre les partisans de M. Morsi, a échappé de peu à la tentative d'assassinat, qui a fait un mort et 21 blessés.

Le véhicule ayant servi à l'attentat avait été volé, ont mentionné les forces de l'ordre, sans toutefois divulguer plus de détails. Il s'agissait de la première attaque contre un haut représentant du gouvernement depuis la chute du président Morsi.

Dans un communiqué publié après l'attentat à la voiture piégée, les Frères musulmans ont pris leurs distances et déclaré condamner le recours à la violence.

L'attaque a toutefois suscité certaines craintes que les militants tentent de lancer une campagne de violence pour se venger du coup d'État qui a coûté le pouvoir à M. Morsi. Le couvre-feu, en vigueur dans la plupart des villes égyptiennes depuis la mi-août, a été prolongé de quatre heures en raison des manifestations et débute désormais à 19 h.

Les Frères musulmans ont demandé vendredi à leurs partisans de manifester «pour protéger la révolution», en référence au soulèvement qui a renversé Hosni Moubarak en 2011.

Les manifestations se font plus modestes depuis que des violences ont causé la mort de plus d'un millier de personnes au mois d'août. Et bien que les Frères musulmans aient du mal à mobiliser leurs partisans depuis l'arrestation de milliers de membres de l'organisation, ils sont toujours en mesure de faire descendre dans les rues leurs plus ardents défenseurs.

Par ailleurs, la justice égyptienne examine une série de dossiers susceptibles de déterminer le sort des Frères musulmans. Plusieurs leaders de l'organisation sont accusés d'avoir incité ou pris part à des actes de violence contre l'armée et la police.

Plus tôt cette semaine, un comité de juges a recommandé la dissolution du groupe, exerçant ainsi une pression supplémentaire pour bannir les Frères musulmans, principal allié de M. Morsi au pays.

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