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Les Australiens votent samedi, parce que c'est la loi

06/09/2013 10:10 EDT | Actualisé 06/11/2013 05:12 EST

SYDNEY - Bien que les Australiens avaient le choix entre deux leaders plutôt impopulaires et peu inspirants, ils se rendaient aux urnes, samedi, parce que là-bas, c'est la loi.

Plus de 14,7 millions d'électeurs, sur une population de 23 millions, étaient attendus samedi pour voter soit pour le Parti travailliste sortant de centre-gauche, dirigé par Kevin Rudd, soit pour le conservateur Parti libéral de Tony Abbott, qui forme l'opposition.

Avec le niveau d'enthousiasme décevant de chaque candidat, une baisse de la participation électorale serait sans doute à prévoir dans la plupart des pays.

Mais l'Australie fait partie des quelques pays au monde où le vote est obligatoire. Ceux qui s'y refusent doivent payer une amende de 50 $ australiens (46 $ américains).

L'analyste politique Antony Green estime qu'un tiers de l'électorat ne voterait probablement pas dans un autre pays.

Intéresser les désintéressés est donc l'un des défis de la politique australienne. Et avec plus de 15 pour cent des électeurs qui, à une semaine de l'élection, n'avaient toujours pas fait leur choix, c'est un défi jusqu'à la toute dernière minute.

Selon les sondages, la grande majorité des Australiens sont en faveur de cette obligation instaurée en 1924. Ceux-là voient le vote comme un devoir civique. Les autres la considèrent antidémocratique.

Lors d'une entrevue accordée plus tôt cette année, la première ministre Julia Gillard a affirmé que le système de vote volontaire américain était l'une des raisons pour lesquelles le renforcement des règlements sur les armes à feu n'avait pas passé au Congrès.

«Le vote obligatoire est une chose très précieuse qui fait que notre politique est celle du grand public», a dit Mme Gillard au Inner West Courier de Sydney.

«Vous demandez-vous pourquoi, aux États-Unis, ils ne peuvent avoir de loi rationelle sur les armes à feu? Une des explications est qu'avec le vote volontaire, une minorité motivée peut déformer tout un débat politique.»

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