NOUVELLES

Le Festival international du film de Toronto s'ouvre avec une oeuvre complexe

06/09/2013 12:48 EDT | Actualisé 06/11/2013 05:12 EST

TORONTO - Le fondateur de Wikileaks a beau s'être terré dans l'ambassade de l'Équateur à Londres, son ombre plane sur le Festival international du film de Toronto.

L'événement s'est ouvert, jeudi, avec la première de l'oeuvre «Le cinquième pouvoir» qui s'inspire de l'histoire de Julian Assange et des premiers balbutiements de son populaire site de divulgation d'informations sensibles.

Le principal intéressé a refusé d'y collaborer car il y voyait «une opération de propagande massive».

Il avait formulé ce commentaire, en janvier dernier, dans une vidéo publiée sur Internet dans laquelle il brandissait une présumée copie du scénario.

Malgré cette sortie en ligne, le film n'est pas réellement une charge à fond de train contre Julian Assange. Il s'agit plutôt d'un portrait compliqué et multidimensionnel de l'homme.

Le ton adopté par le réalisateur Bill Condon est tantôt élogieux tantôt critique.

Ce dernier a affirmé avoir tenté en vain d'obtenir le point de vue de Julian Assange.M. Condon a expliqué que «lorsqu'il a tenté de le contacter, il a essuyé un refus». Il a ajouté que l'idée que Julian Assange se faisait du film était «très différente» de ce en quoi consiste réellement «Le cinquième pouvoir».

Le scénario s'inspire de deux sources principales: un ouvrage rédigé par Daniel Domscheit-Berg, un partenaire de la première heure de Julian Assange, et un livre écrit par les journalistes britanniques David Leigh et Luke Harding.

Le film met en vedette Benedict Cumberbatch qui livre une solide performance. Il incarne un homme qui est certes habité par des objectifs démocratiques et par des motivations altruistes mais qui peut aussi se montrer menteur, téméraire, révolutionnaire et rongé par la paranoïa.

L'acteur britannique n'a pas été en mesure de rencontrer Julian Assange pour étudier son comportement. L'artiste a refusé de se plaindre de la situation.

Benedict Cumberbatch a précisé que s'il se fiait à ce qu'il avait pu apprendre sur lui, Julian Assange aurait probablement tenté de le manipuler s'ils avaient été en contact et que son admiration pour lui n'aurait pu que décliner.

Au bout du compte, le film dépeint un idéaliste qui en vient à saboter sa propre création en refusant de mesurer les impacts de ses actions sur la vie de certaines sources dont l'identité apparaît dans des documents publiés sur Wikileaks.

Le réalisateur juge que le spectateur est condamné à changer de point de vue par rapport à Julian Assange à de multiples reprises durant le visionnement de son oeuvre.

Bill Condon soutient que le public est exposé à un déchirement propre à notre ère entre, d'un côté, la protection de la vie privée et de l'autre, la transparence.

PLUS:pc