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La Syrie envoie des renforts à Maaloula

06/09/2013 06:22 EDT | Actualisé 06/11/2013 05:12 EST

BEYROUTH - Le gouvernement syrien aurait envoyé des renforts vers un village majoritairement chrétien au nord de Damas, après des affrontements avec des rebelles plus tôt cette semaine.

Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme que les forces déployées à Maaloula comprennent des chars et des transports de troupes blindés. Rami Abdoul-Rahman ajoute qu'elles ont pris position à l'extérieur du village, qui est toujours sous l'emprise des milices progouvernementales locales.

Des rebelles affiliés à Al-Qaïda ont attaqué Maaloula mercredi et ont brièvement pénétré dans le village avant de se retirer en fin de journée, jeudi.

M. Abdoul-Rahman a indiqué que des escarmouches se poursuivaient vendredi.

L'attaque contre Maaloula rehausse l'inquiétude des minorités religieuses de Syrie face aux extrémistes qui ont joint les rangs de l'insurrection. Maaloula abrite deux des plus vieux monastères syriens toujours debout.

L'assaut a été dirigé par Jabhat al-Nusra, une des factions rebelles les plus efficaces en Syrie mais un groupe qualifié d'organisation terroriste par les États-Unis. Ses rangs sont peuplés de Syriens et de combattants provenant d'ailleurs dans le monde musulman.

Le gouvernement Assad met en relief la participation d'étrangers à l'insurrection pour rehausser la perception que le régime lutte contre un complot étranger.

Dans cet ordre d'idée, la télévision officielle syrienne a annoncé vendredi que le gouvernement offre 2800 $ US pour l'arrestation d'un combattant étranger et 1500 $ US pour toute aide menant à une capture.

Plus de 100 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, pendant que deux millions d'autres fuyaient vers les pays limitrophes.

«C'est une situation désespérée, parce que ces statistiques camouflent la tragédie de familles, d'enfants, de femmes et d'hommes, a déclaré en entrevue à l'Associated Press la chef humanitaire de l'ONU, Valerie Amos. Nous nous inquiétons beaucoup de ces régions où les gens sont essentiellement assiégés depuis six ou huit mois.»

Par ailleurs, trois navires militaires russes faisaient route vers la Syrie, vendredi, et un quatrième était en chemin. Le chef d'état-major du Kremlin, Sergei Ivanov, avait indiqué jeudi que ces navire veilleraient essentiellement à l'évacuation des ressortissants russes en Syrie. Une présence militaire russe accrue dans la Méditérranée fait toutefois craindre un conflit international plus large si jamais Washington devait décider d'aller de l'avant avec ses frappes militaires.

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