NOUVELLES

La lutte a compris le message

06/09/2013 03:15 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST

La lutte attend de savoir si elle reviendra au programme des Jeux olympiques en 2020. Réponse dimanche, au terme d'une démarche audacieuse du CIO.

Le CIO a en effet décidé en février 2013 de retirer la lutte du programme des Jeux de 2020 afin de réveiller ses dirigeants. C'est en tout cas ce qu'a compris le président de la fédération internationale.

« Je dois reconnaître que nous n'avons pas assez été à l'écoute, a expliqué le Serbe Nenad Lalovic, vendredi, en conférence de presse à Buenos Aires, dans le cadre de la 125e session du CIO. Tous les sports doivent être attentifs. Ce que nous avons vécu (la suppression du programme des Jeux de 2020) doit être une incitation pour tous les sports à se moderniser pour le public.

« La décision du CIO a d'abord suscité la surprise, dans un premier temps. Nous avons eu besoin de temps pour comprendre ce qui s'était passé, mais nous avons pris les décisions adéquates », a-t-il ajouté.

La lutte a donc procédé à des réformes. Elle a fait affaire avec une agence de communications, et a procédé à une nouvelle répartition par catégories de poids afin de développer le volet féminin de la lutte, ainsi qu'à plusieurs changements réglementaires:

« Avant, les combats se déroulaient en trois périodes de deux minutes. Désormais, ce sont deux périodes de trois minutes, explique Michel Lafon, directeur technique national à la Fédération française de lutte. Le score cumulé des périodes désigne le vainqueur. Afin de favoriser l'attaque, les lutteurs passifs sont avertis. Amener un adversaire au sol rapporte deux points au lieu d'un. Enfin, avec sept points d'écart, le match est fini. »

Forte de ces changements, la fédération de lutte plaidera dimanche sa cause pour tenter de récupérer son statut de sport olympique, dont elle bénéficie depuis les premiers Jeux de l'ère moderne en 1896.

La lutte, sport olympique millénaire, est encore inscrite au programme des Jeux de Rio en 2016, mais elle a pour l'instant été éliminée de celui des Jeux de 2020.

Les autres sports en lice

Plusieurs sports se sont fait face, et ont travaillé sur des dossiers de candidature pour obtenir la place de la lutte en 2020. Cinq ont été éliminés le 29 mai dans une présélection : le karaté, les sports à roulettes, l'escalade, la planche nautique et le wushu, un art martial chinois.

Le CIO a gardé le squash et le combiné baseball/softball (déjà retiré une première fois du programme olympique après les Jeux de 2008). Les fédérations de ces sports ont continué à croire en leur chance et à peaufiner leur dossier de candidature pour les Jeux de 2020.

L'ont-elles fait pour rien? Si le CIO a retiré la lutte du programme olympique uniquement pour l'obliger à entreprendre des réformes, c'est qu'elle n'a jamais pensé donner la place de la lutte à un autre sport. Et tous les efforts déployés par le squash et le baseball/softball l'auront été en pure perte. 

Le CIO tente depuis plusieurs années de lutter contre le gigantisme, et veut limiter le nombre de disciplines tout en introduisant de nouveaux sports. Le softball et le baseball avaient été exclus du programme olympique à partir des Jeux de 2012 pour faire place à l'arrivée du rugby à sept et du golf aux Jeux de 2016, à Rio.

Depuis l'annonce du retrait de la lutte du programme olympique de 2020, il y a une vague de fond de protestations venant des dirigeants, des athlètes (certains ont renvoyé leur médaille au CIO) et des amateurs (pétition de 900 000 signatures au Japon, rapporte le journal français l'Humanité).

Dans le cas de la lutte, si le CIO l'a retirée du programme de 2020 à titre d'avertissement, elle se sera mise à dos la communauté de ce sport de tradition olympique, et peu dispendieux, tout en donnant de faux espoirs aux fédérations de squash et de baseball/softball.

PLUS:rc