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La Cour suprême du Chili reconnaît ses manquements sous la dictature, sans demander pardon

06/09/2013 06:29 EDT | Actualisé 06/11/2013 05:12 EST

Pour la première fois depuis 40 ans, la Cour suprême du Chili a reconnu vendredi ses manquements envers les victimes du régime pendant la dictature d'Augusto Pinochet. La plus haute institution du pouvoir judiciaire s'est toutefois abstenue de demander pardon.

C'est lors d'une déclaration publique que Rubén Ballesteros, président de la Cour suprême, a affirmé : « Nous sommes arrivés à la conviction qu'il n'y a pas d'autre attitude que de reconnaître les graves actions et manquements commis à l'époque ».

Cette déclaration survient à quelques jours seulement du 40e anniversaire du coup d'État qui a renversé le gouvernement socialiste de Salvador Allende et installé la dictature d'Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973.

Selon la Cour suprême, « vu avec le regard d'aujourd'hui », il lui appartient de dire que cela a constitué « une abdication de son rôle judiciaire ».

Les tribunaux chiliens sous la dictature avaient rejeté quelque 5000 demandes de protection pour les disparus ou les personnes détenues illégalement.

L'administration judiciaire se contentait de dire aux plaignants qu'elle n'avait pas d'informations.

La Cour suprême, qui reconnaît ses torts, ne demande toutefois pas pardon. Milton Juica, ex-président de la Cour, a expliqué qu'une éventuelle demande de pardon avait bien été examinée, mais qu'il avait été décidé que cette démarche devait se faire de manière « personnelle ».

Pourtant, deux jours plus tôt, l'association des magistrats du Chili avait demandé pardon pour avoir failli à protéger les victimes du régime de Pinochet.

Les organisations de défense des droits de l'homme font état de plus de 3200 personnes mortes ou disparues entre 1973 et 1990 au Chili.

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