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Chili: la Cour suprême reconnaît ses manquements pendant la dictature Pinochet

06/09/2013 07:30 EDT | Actualisé 06/09/2013 07:34 EDT
AFP

La Cour suprême du Chili, plus haute institution du pouvoir judiciaire, a reconnu vendredi pour la première fois ses manquements envers les victimes du régime pendant la dictature d'Augusto Pinochet, tout en s'abstenant de demander pardon.

"Nous sommes arrivés à la conviction qu'il n'y a pas d'autre attitude que de reconnaître les graves actions et manquements commis à l'époque", a déclaré le président de la Cour suprême, Rubén Ballesteros, dans une déclaration publique à l'issue de la session plénière des juges.

À quelques jours du 40e anniversaire du coup d'État qui a renversé le gouvernement socialiste de Salvador Allende et installé la dictature d'Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973, la Cour suprême a estimé que "vu avec le regard d'aujourd'hui", il "lui appartenait clairement de dire que cela a constitué une abdication de son rôle judiciaire".

Quelque 5 000 demandes de protection pour les disparus ou les personnes détenues illégalement avaient été rejetées sous la dictature par les tribunaux chiliens, qui prétextaient ne pas avoir d'informations à ce sujet.

La Cour Suprême s'est néanmoins abstenue de demander explicitement pardon aux victimes de la répression et à leurs familles.

L'ex-président de la Cour, Milton Juica, qui a participé à la session vendredi a expliqué à la presse qu'une éventuelle demande de pardon avait été examinée, mais qu'il avait été décidé que cette démarche devait se faire de manière "personnelle".

Mercredi, l'association des magistrats du Chili a elle demandé pardon pour avoir failli à protéger les victimes du régime de Pinochet.

"L'heure est venue de demander pardon aux victimes, à leurs proches et à la société chilienne", ont dit les juges dans une déclaration inédite.

Entre 1973 et 1990, environ 3 200 personnes sont mortes ou ont disparu, selon les organisations de défense des droits de l'homme.

"Nous devons le dire et le reconnaître clairement et avec force : le pouvoir judiciaire - et, en particulier, la Cour suprême de l'époque - a manqué à son devoir de garant des droits fondamentaux et de protection des victimes face aux abus de l'Etat", ont également déclaré mercredi les juges.

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