POLITIQUE

Le PLQ prône la laïcité ouverte

05/09/2013 02:17 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) s'est dit pour une laïcité ouverte, lors d'une conférence de presse jeudi portant sur la position de son parti en matière d'identité québécoise.

Les libéraux réagissent ainsi au projet du gouvernement Marois de créer une charte des valeurs québécoises, qui pourrait interdire les signes religieux dans la fonction publique.

Le PLQ « favorise l'adhésion de tous les Québécoises et Québécois à des valeurs communes afin d'assurer la promotion de la langue française, d'affirmer la neutralité religieuse des institutions de l'État, d'assurer l'égalité entre les femmes et les hommes et de respecter les droits de la personne dans une société ouverte, tolérante et inclusive ».

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Neutralité de l'État, mais pas des individus

Le parti prône donc la laïcité pour l'État et ses institutions, mais ne l'impose pas aux individus qui composent ces institutions, qui peuvent conséquemment porter des signes religieux dans le cadre de leur travail.

Entouré de Marc Tanguay, Christine St-Pierre et Kathleen Weil, M. Couillard a déclaré que « le gouvernement du Québec doit assumer le rôle de premier responsable sur son territoire de la pérennité de la langue française et de la culture, dans un esprit d'ouverture sur le monde et sans qu'il y ait la moindre discrimination à l'égard des personnes d'autres origines qui enrichissent le Québec ».

Le chef libéral explique que la vision défendue par son parti est en faveur de l'adhésion aux valeurs québécoises communes.

Elle « s'inscrit en droite ligne avec le rapport de la commission Bouchard-Taylor et des nombreuses recommandations adoptées par le précédent gouvernement libéral ».

Les libéraux rappellent qu'lis ont agi en ce sens lorsqu'ils étaient au pouvoir, notamment avec l'inclusion de l'égalité des femmes et des hommes à la Charte des droits et libertés de la personne, en 2008, et l'obligation pour les candidats à l'immigration de signer un engagement sur la connaissance et le respect des valeurs communes au Québec.

Le modèle prôné par les libéraux est essentiellement celui de l'interculturalisme, que le PLQ oppose au modèle du multiculturalisme mis de l'avant par le gouvernement fédéral.

« [L'interculturalisme ] cherche à concilier la protection des droits individuels et le respect de la diversité avec le maintien et la promotion d'une culture commune forte basée sur l'ouverture à la diversité, le français comme langue publique commune et des valeurs universelles comme l'égalité entre les hommes et les femmes et le respect de la dignité humaine », a déclaré M. Couillard.

Égalité homme-femme

En matière d'accommodements raisonnables, les libéraux précisent qu'ils ne comptent pas hiérarchiser les droits invididuels et collectifs pour déterminer quels accommodements seront permis, mais prendront en considération l'égalité homme femme.

« Au Québec, les femmes et les hommes, peu importe leur statut social, leur degré de scolarité ou leur origine, ont des droits égaux. Cette égalité est le pilier de notre société. Cette égalité est non négociable », a tenu à rappeler M. Couillard.

« Nous n'acceptons pas et n'accepterons jamais qu'un accommodement remette en question l'égalité des hommes et des femmes. »

— Philippe Couillard, chef du PLQ

Des balises pour les accommodements raisonnables

Pour Philippe Couillard, « un cadre législatif apparaît nécessaire afin d'éclairer les décideurs ». Il déclare que son parti proposera l'adoption d'une loi qui « précisera les critères d'analyse pour les gestionnaires, définira l'accommodement et les critères d'application, donc créera les balises et rappellera la nécessité que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert ».

M. Couillard rappelle que « la neutralité religieuse des institutions de l'État est également une valeur fondamentale de la société québécoise. Ce principe pendant à la liberté religieuse signifie que l'État ne favorise, ni ne défavorise aucune religion ».

Le chef libéral est plus incisif à l'endroit du gouvernement Marois : « en voulant interdire le port de signes religieux dans la fonction publique, le gouvernement s'empêtre dans ses contradictions et passe sous silence le fait que, par exemple, le port d'une croix serait visé au même titre que celui de la Kippa ou d'un turban par la mesure d'interdiction annoncée ».

Le gouvernement péquiste de Pauline Marois doit déposer dans les prochains jours une charte des valeurs québécoises, qui a déjà suscité beaucoup de débats.

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