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L'organisme Vivre en Ville réclame un moratoire sur la construction d'autoroutes au Québec

05/09/2013 07:28 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST

Le gouvernement du Québec devrait faire une pause dans l'élargissement et le prolongement des autoroutes comme l'A-30, en Montérégie, ou l'A-19, à Laval, le temps de revoir en profondeur la façon de financer le réseau, soutient l'organisme Vivre en ville, qui accuse Québec d'encourager l'étalement urbain.

Un reportage de Thomas Gerbet

Le rapport intitulé Deux poids, deux mesures conclut que les municipalités ne sont pas encouragées à sortir de l'argent de leur poche pour le transport en commun puisqu'elles peuvent jouir des autoroutes payées à 100 % par Québec. Les auteurs qualifient même de « resquilleurs » les Villes ou les centres commerciaux qui, selon eux, profitent de la situation. « Élargir l'A-30 pour agrandir l'accès au DIX30, ça ne coûte rien à la municipalité de Brossard ni au centre commercial », se désole le directeur général de Vivre en ville, Christian Savard. Il en est persuadé : si les règles de financement étaient différentes, les élus locaux feraient des choix différents.

Selon lui, d'autres municipalités beaucoup plus axées sur le transport en commun, comme Montréal, sont désavantagées car elles doivent assumer beaucoup plus de dépenses. C'est pour ça qu'il parle de « deux poids, deux mesures ». Christian Savard aimerait que le Québec s'inspire de l'Ontario, où une partie de la facture de construction et d'entretien est refilée aux Villes qui profitent d'une infrastructure routière.

Augmenter les taxes municipales?

Le directeur général de Vivre en ville est conscient qu'à moins de deux mois des élections municipales, son idée ne risque pas d'être reprise par beaucoup de candidats, car elle impliquerait d'augmenter les taxes dans certaines villes de banlieue. Mais il assume : « Peut-être que ces Villes feront des choix plus rationnels. Elles auront tendance à moins s'étendre, à se densifier, pour avoir des taxes qui rapportent davantage. »

En plus de vouloir refiler une partie de la facture aux centres commerciaux en les surtaxant, Vivre en ville voudrait également que les promoteurs immobiliers qui développent de nouveaux quartiers mettent la main à la poche, de même que les automobilistes qui utilisent les autoroutes chaque jour entre leur domicile et le travail. L'organisme recommande le péage comme solution. « Le réseau routier supérieur transporte de plus en plus de travailleurs et de magasineurs », constatent les auteurs, qui voudraient que ces automobilistes optent pour le transport en commun.

Réparer plutôt qu'élargir

Les dépenses en travaux routiers ont explosé ces dernières années au Québec. Depuis 2005, elles sont passées de 1 à 4 milliards de dollars. « Entretenir nos routes, c'est une bonne chose. Continuer à les prolonger, les élargir, c'est une mauvaise idée », concluent les auteurs. Le prolongement de l'autoroute 19, à Laval, est cité en exemple d'un projet « sans aucune fonction interurbaine, planifié uniquement pour le navettage [entre le domicile et le travail] ».

Plusieurs projets de prolongements ou d'élargissement critiqués

L'organisme critique des projets dans différentes régions du Québec.

  • Montréal : l'A-10, l'A-13, l'A-19, l'A-20, l'A-25, l'A-30, l'A-440, l'A-540, l'A-640 et l'échangeur Turcot
  • Québec : l'A-40 et l'A-20
  • Estrie : l'A-410
  • Outaouais : l'A-5

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