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G20: Obama et Poutine ne laissent rien transparaître de leurs désaccords

05/09/2013 10:16 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST

SAINT-PÉTERSBOURG, Russie - Le président des États-Unis et son homologue russe se sont serré la main, ont échangé des sourires et ont discuté du paysage jeudi à Saint-Pétersbourg, dans un échange public de banalités qui contrastait avec leur relation de plus en plus tendue.

«Nous avons en quelque sorte frappé un mur», avait déclaré Barack Obama mercredi, à la veille de son arrivée en Russie pour le sommet des dirigeants du G20.

Avec les tensions entourant le conflit en Syrie, la taupe de l'agence américaine de sécurité nationale Edward Snowden et les droits de la personne en Russie, M. Obama et le président russe, Vladimir Poutine, n'ont pas prévu de rencontre bilatérale en marge du rassemblement du G20. L'accueil formel du président américain par M. Poutine, devant le palais Constantin de Saint-Pétersbourg, est leur seule apparition publique commune prévue durant le sommet.

Décoder le langage corporel des deux dirigeants est devenu une sorte de jeu de société géopolitique à chacune de leurs rencontres. Mais il n'y avait pas grand-chose à décoder jeudi: leur échange n'a duré que 15 secondes.

La limousine noire de M. Obama est arrivée devant le palais où M. Poutine recevait les dirigeants étrangers un à un. Le président Obama est le seul dirigeant ayant utilisé son propre véhicule pour l'arrivée, les 19 autres leaders ayant emprunté l'une des Mercedes mises à leur disposition pour le sommet.

MM. Poutine et Obama, souriants, se sont salués avec une poignée de main. M. Obama a montré le palais et le ciel radieux, avant de déclarer que l'endroit était «magnifique».

Les deux présidents pourraient se parler de nouveau en marge du sommet, notamment jeudi soir lors du dîner officiel des dirigeants, où le dossier syrien devait être abordé. Mais toute discussion à ce sujet entre MM. Poutine et Obama restera privée.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré jeudi qu'elle ne pensait pas que les pays du G20 puissent s'entendre sur une position commune face à la Syrie.

Le président de l'Union européenne, lui aussi présent à Saint-Pétersbourg, a insisté sur la nécessité d'arriver à un accord à l'ONU, indisposant la France et aggravant les divisions entre les pays européens.

Écartant le sentiment d'urgence exprimé par le président français, Herman Van Rompuy a déclaré devant les journalistes que les pays de l'Union européenne devaient faire valoir «la nécessité de répondre à la crise syrienne à travers les instances de l'ONU».

La déclaration de M. Van Rompuy isole davantage la France, le seul membre de l'Union européenne qui envisage de se lancer dans une opération militaire en Syrie.

Le président français, François Hollande, s'est rendu au sommet du G20 dans l'espoir de convaincre les autres dirigeants de participer à une intervention, du moins par une aide logistique ou par un appui symbolique.

Des conseillers de la Maison-Blanche ont également indiqué jeudi que le président Obama tentait d'obtenir l'appui «politique et diplomatique» des membres du G20 face à une intervention en Syrie, mais pas nécessairement leur coopération militaire.

Tandis que les chefs d'État et de gouvernement du G20 étaient rassemblés à Saint-Pétersbourg, les ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères étaient réunis dans la capitale lituanienne pour tenter de s'entendre sur une position commune face à la Syrie.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a participé à plusieurs rencontres bilatérales avec ses homologues jeudi afin de les convaincre de la «nature inacceptable» de l'attaque chimique en Syrie, a indiqué un responsable de son bureau.

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